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Réconcilions-nous avec le vivant !

La nature n’est pas à notre service, rendons-lui toute sa place, nous exhorte Nicolas Thierry, élu écologiste, dans un manifeste pour un ré-ensauvagement du monde. Car sans elle, nous ne sommes rien.

 

Un jour de décembre, Nicolas Thierry, vice-président en charge de l’environnement et de la biodiversité de la région Nouvelle-Aquitaine, reçoit deux couples amis d’enfance pour quelques jours de vacances.

Les parcours de vie de ces invités ne sauraient être plus opposés. L’un vit à Vincennes, en région parisienne, et travaille dans les nouvelles technologies. L’autre s’est installé dans le Gévaudan, elle institutrice, lui éleveur.

Une soirée au coin du feu, une promenade sur les plages des Landes, une visite à Lascaux ou un tour dans le vignoble de Saint-Emilion offrent autant d’occasions pour aborder les enjeux environnementaux de notre époque.

Alors ils parlent du changement climatique, de l’artificialisation des sols, des modèles agricoles, mais surtout de l’érosion du vivant, un « angle mort » du débat politique qui peut être décrit en quelques mots simples : la disparition à une vitesse vertigineuse de la vie qui nous entoure dans sa splendide diversité.

Dialogues philosophiques

Pour l’opinion publique, cette érosion du vivant se résume trop souvent à quelques espèces iconiques, éléphants, requins, aigles, rhinocéros… Mais la vie disparaît aussi sous nos yeux dans les régions de France, hirondelles, libellules, abeilles, et toutes les espèces qualifiées de « communes », sans même parler du monde végétal.

De ces échanges plus ou moins fictifs, Nicolas Thierry a tiré un livre, Se réconcilier avec le vivant, qui reprend la forme des dialogues philosophiques. Très au fait de ces questions par intérêt personnel et par son engagement politique, il place ses interlocuteurs face à leurs désirs contradictoires, sans jamais se montrer arrogant, par la seule vertu de la rhétorique.

Voyez le retour du loup en France. Ses dégâts sur les troupeaux restent minimes, mais sa présence dépasse la seule dimension économique. Elle relève du culturel : rien de moins que notre capacité à accepter qu’un animal soit libre et puisse perturber nos activités. Se pose alors cette question fondamentale : sommes-nous capables de partager un espace commun avec des espèces qui ont des besoins spécifiques pour survivre ?

Pas d’avenir sans la nature

Car sans toute cette vie animale et végétale, l’auteur ne se fait pas faute d’insister, l’espèce humaine n’a pas d’avenir. Il faut cesser de considérer la nature sous un angle uniquement utilitaire : la richesse du vivant n’est pas au service de l’humanité. « Le droit de vivre d’une espèce n’est pas négociable », peut-on lire à plusieurs reprises. Autrement dit, il ne nous appartient pas à nous, Homo sapiens, de décider si une espèce mérite d’exister.

Et quand on lui parle de « crise de la nature », l’auteur corrige : ce n’est pas tant la nature qui est en crise que les relations que les humains entretiennent avec elle. Formuler les choses ainsi « réoriente notre réflexion sur les causes profondes des maux qui rongent nos sociétés modernes ».

Ces dialogues, agréables à lire et à l’encontre de trop d’idées reçues, finissent par former un projet politique cohérent, celui que défend Nicolas Thierry, élu local conscient de ses responsabilités : une écologie ambitieuse qui passe par un ré-ensauvagement du monde, pour réconcilier l’homme avec le vivant.

Car comme l’écrit l’archéologue expérimental Kim Pasche : « le plus gros mensonge de notre monde moderne est de croire que l’on peut s’extraire de la nature ».

 

Se réconcilier avec le vivant de Nicolas Thierry, préface de Nicolas Hulot, éd. Rue de l’échiquier, 2019, 137 p.

Pour commander le livre

 

Pascal de Rauglaudre

 

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