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« Nous militons pour une finance au service d’une économie durable »

Tout l’enjeu de la finance responsable consiste à identifier les entreprises qui combinent le mieux performance économique et efficacité sociale et environnementale, explique Christine Kolb, cofondatrice du fonds d’investissement socialement responsable Sycomore Asset Management.

 

Entrepreneurs d’avenir – Vous allez participer à la table ronde « De quel progrès voulons-nous ? » au Parlement des Entrepreneurs d’avenir. Quelle vision du progrès défendez-vous à la tête de Sycomore AM ?

Christine Kolb – Le progrès pour Sycomore, consiste à favoriser l’épanouissement et la prospérité avec plus de cohésion, sur une planète préservée. C’est assurer aux générations futures des conditions qui ne sont pas dégradées mais au contraire améliorées, c’est faire mieux avec autant, voire moins de ressources économiques, écologiques et sociales.

Comment cela se traduit-il dans vos investissements ?

Nous sommes persuadés que les entreprises, par leur efficacité, leur audace et leur capacité à innover ont un rôle majeur à jouer, à condition qu’elles adoptent un comportement responsable. Nous avons la conviction que le progrès n’existe que s’il est partagé par tous et que le progrès scientifique et technologique, sans progrès social, n’est pas durable. Aussi, nous examinons la façon dont les entreprises interagissent avec l’ensemble de leurs parties prenantes, mais également leur aptitude à proposer des produits et services qui participent à construire un monde plus durable. Nous privilégions les entreprises qui combinent le mieux performance économique et solutions aux défis sociétaux et environnementaux les plus urgents.

D’après une enquête récente, les trois-quarts des Français estiment que les établissements financiers doivent prendre en compte la transition énergétique et le développement durable. D’un autre côté, les épargnants français sont encore trop nombreux à ne pas connaître l’ISR. Comment combler ce fossé ?

L’ISR reste en effet une notion complexe, difficile à décrypter pour beaucoup d’épargnants. Nous nous efforçons d’avoir une démarche pédagogique, qui passe par plus de sensibilisation et de lisibilité concernant les solutions d’investissement dites responsables. Qu’est-ce qui se cache derrière l’acronyme ISR ? Qu’entend-on par ESG ? Quels critères extra-financiers examinons-nous pour nous assurer qu’une entreprise respecte les enjeux de développement durable ? Quels sont-ils ? Pour encourager l’épargnant à orienter son épargne vers des produits financiers qui répondent à ces enjeux, il est important de leur proposer des solutions facilement appréhendables, à l’image de nos fonds Sycomore Eco Solutions ou encore Sycomore Happy@Work, centrés respectivement sur la transition énergétique et le capital humain. Plus les stratégies d’investissement sont faciles à appréhender par l’épargnant, plus il pourra se familiariser avec les enjeux de l’ISR.

Quel rôle peuvent jouer les labels ?

Les labels sont essentiels, et nous y sommes très favorables. Ils fixent un cadre, ils offrent plus de sécurité et de lisibilité à l’épargnant final, même s’ils montrent parfois des limites et ne sont pas adaptés à tous les styles de gestion.

Il y a un an, vous avez conclu un partenariat stratégique avec Generali. Quel bilan en tirez-vous ?

Nous avons l’ambition de devenir la référence de l’investissement responsable auprès d’une clientèle retail et internationale. Afin de nous donner les moyens de notre ambition, nous avons décidé de nouer un partenariat avec Generali, qui partage notre vision. Grâce à son réseau de distribution dense d’agents sur le territoire ainsi qu’à l’international, nous pouvons creuser le sillon de l’investissement responsable. Ce partenariat capitalistique n’a pas d’implication sur la gouvernance de Sycomore : notre marque et notre ADN d’investisseur sont préservés, nous poursuivons la même stratégie d’investissement.

La jeunesse se laisse gagner par les mouvements de désobéissance civile. En tant que directrice de la Fondation Sycomore, qu’avez-vous envie de lui dire pour l’aider à se projeter dans le monde du travail ?

La Fondation a pour objectif d’établir des passerelles entre la jeunesse et l’entreprise, et nous déployons notamment des actions de terrain avec des collèges, comme à Tremblay-en-France, dans le Val-d’Oise. Nous ouvrons les portes de Sycomore aux collégiens, nous leur faisons découvrir des entreprises, avec un message clair : on ne naît pas entrepreneur, ni investisseur, ni informaticien, on le devient en se donnant les moyens. Mais c’est compliqué pour les collégiens d’identifier leurs aptitudes et de se projeter dans l’avenir. Nous les accompagnons en leur faisant comprendre l’intérêt de poursuivre des études.

 

Propos recueillis par Pascal de Rauglaudre

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