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Chez Vinci VIE, l’insertion sociale est un moteur de business

Si vous répondez à un marché public ou privé aujourd’hui, il y a de fortes chances qu’il comporte des clauses d’insertion sociale. Mais comment y répondre ? Vinci Insertion Emploi, filiale du groupe Vinci, a été fondée pour apporter des solutions sur mesure à ces nouveaux enjeux, comme l’explique Arnaud Habert, son fondateur et directeur général.

 

Entrepreneurs d’avenir – Quelle est la mission de Vinci Insertion Emploi ?

Arnaud Habert – Vinci Insertion Emploie, ou VIE, c’est une filiale de Vinci qui accompagne les autres filiales du groupe, ses sous-traitants, ses clients, sur les questions d’insertion sociale, d’emploi et d’innovation sociale. VIE est unique dans le sens où elle n’a pas vocation à faire du résultat, mais seulement à équilibrer ses comptes, sans financements publics. Si résultat il y a, il est réinjecté sur des projets utiles aux publics en réinsertion, comme de la formation.

Quels types de prestations vendez-vous ?

Les entreprises qui répondent à des marchés publics doivent satisfaire des engagements en matière d’insertion, mais elles peuvent aussi mettre en œuvre des démarches volontaires. Dans tous les cas, elles sont tenues de recruter des publics éloignés de l’emploi, qu’elles n’ont pas l’habitude de côtoyer, faute de réseaux. Nous mettons ces publics en contact avec les entreprises, et tout au long de la durée des missions, en fonction des contrats, nous les aidons à définir leur projet professionnel, à identifier leurs capacités, et à monter en compétences. À la fin, ils doivent pouvoir être embauchés.

Vous le faites pour tous les secteurs d’activité ?

Pour le moment, nous travaillons sur le BTP, l’énergie et la logistique, il y a déjà de quoi faire ! En termes de volume, la clause d’insertion est portée essentiellement par les métiers du BTP.

Avec quels types d’organismes travaillez-vous en amont pour trouver du personnel en insertion ?

Nous travaillons avec tous les acteurs de l’insertion par l’activité économique, ceux de l’économie sociale et solidaire, les services publics de l’emploi, et nos propres réseaux associatifs. Grâce à ces multiples canaux, nous pouvons mobiliser une force de frappe importante, et trouver les candidats ou les candidates qui correspondent à la fois à la demande de l’entreprise et à ses engagements en matière d’insertion.

Que représente l’activité de VIE en chiffres ?

En 2018 nous avons suivi 2600 personnes et géré 1,5 millions d’heures d’insertion. Nous sommes intervenus sur 200 chantiers et avons accompagné plus de 400 entreprises. Quant au taux d’embauche des personnes à l’issue d’une mission, il atteint les 60 %.

Quels sont vos objectifs à moyen terme ?

Nous voulons couvrir l’ensemble du territoire métropolitain. À la fin de l’année, nous nous ouvrirons aux DOM, en fonction de la demande locale. Sur la partie emploi, nous allons aider les entreprises du groupe concernées par des logiques de restructuration et de réorganisation de leurs effectifs, à réaliser leurs plans de départs volontaires. Par ailleurs, nous développons un outil basé sur l’intelligence artificielle pour cartographier les capacités et compétences de nos collaborateurs, afin de répondre plus finement aux demandes de nos clients. Cet outil permettra aussi de faire de la prospective et de repositionner les personnes dont les métiers sont menacés par l’évolution de la technologie.

Justement, avec la digitalisation et l’industrialisation des métiers du BTP, les engagements d’insertion du secteur ne risquent-ils pas d’être plus difficiles à tenir ?

C’est un vrai sujet. Les plans sur papier, par exemple, vont laisser la place à des images en 3D sur tablette. Tous les collaborateurs ne seront pas en capacité de suivre la transformation des métiers, et nous devons anticiper ces évolutions inéluctables pour mieux les accompagner. Dans cet esprit, nous avons conçu le programme STEP qui renouvelle toute l’ingénierie pédagogique pour apprendre aux personnes très éloignées de l’emploi à mieux se positionner par rapport à un métier, et aller là où leurs capacités compétences seront transférables.

 

Propos recueillis par Pascal de Rauglaudre

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