L’économie au défi de la biodiversité

‘Lorsque l’on agresse le vivant, on s’agresse nous-même’, disait récemment Gilles Bœuf. Cette évidence, toute simple, nous l’avons oubliée, en nous coupant du vivant, en oubliant que nous en faisons partie.

Est-il trop tard pour réagir ? Devons-nous céder à la tristesse ou au catastrophisme ?

Non, car les systèmes terrestres ou marins ont une forte capacité de régénérescence. Non, car face à l’effondrement de la biodiversité – à titre d’exemple, 80% des insectes ont disparu en 30 ans en France et en Europe ; le WWF faisait par ailleurs état en 2018 dans son rapport Planète Vivante de la disparition de 60% des populations d’espèces de vertébrés sauvages – il est finalement trop tard pour perdre espoir. L’ampleur du phénomène nous condamne à l’action.

Alors, comment agir justement ? En tant que citoyen, en s’investissant dans les nombreuses initiatives de recherche participatives, dans les associations qui s’emploient à travailler sur la biodiversité à l’échelle de leurs territoires. En arbitrant dans ses actes de consommation. En votant bien sûr aussi. Nous savons tous cela.

Un autre territoire d’action paraît tout aussi fondamental aujourd’hui, celui de l’entreprise. Car si les entreprises constituent l’une des causes de cet appauvrissement édifiant de la biodiversité, elles peuvent aussi participer à sa redynamisation. Comment produire, distribuer sans piller les ressources ? Comment développer une activité respectueuse de l’Homme et de la nature ?

Le défi qui leur est lancé est de taille puisqu’il invite à une refonte des produits, des systèmes de production, de commercialisation, d’organisation. Mais avons-nous le choix lorsque les clients, les salariés, les régulateurs, les financeurs ont désormais pris conscience de la situation et demandent constamment plus de changement ? Avons-nous le choix lorsque de ces ressources dépendent souvent leur activité même ?

Heureusement, des approches nouvelles existent, de plus en plus documentées, testées, permettant de questionner les modèles, d’identifier les zones d’action, de mesurer l’impact généré et les progrès effectués. Economie circulaire, perma-économie, économie symbiotique, bio-mimétisme, participent à cette réinvention de nos modèles et à cette recherche de nouvelles solutions qu’il s’agit de tester, d’adapter, secteur par secteur, entreprise par entreprise, car beaucoup de solutions seront modulés selon l’entité, le territoire.

Prenons exemple sur certains rôles modèles, comme 1083, qui a choisi de produire en France, la matière la plus concurrentielle, le jean, dans le deuxième secteur industriel le plus polluant, la mode. Prenons exemple sur Ecosia, moteur de recherche qui ambitionne de multiplier la prise de conscience autour de l’enjeu du vivant et de participer à la régénérescence des écosystèmes en finançant des projets concrets d’agroforesterie notamment. Agissons donc en créant de nouvelles entreprises inspiratrices, et agissons aussi et surtout à la transformation des entreprises existantes, petites ou grandes, qui constituent le cœur du problème et de sa résolution.

Testons, en réunissant les acteurs dans toute leur diversité – entreprises, territoires, ONG, chercheurs, citoyens – car les solutions nécessitent un partage des connaissances et des intelligences, et c’est collectivement que nous initierons des changements à la hauteur de l’enjeu.

Ce qui nous est demandé est finalement de nous reconnecter à notre source, à nos racines, que nous parlions ici de l’Homme ou des organisations que nous avons créées. N’est-ce pas le plus beau des défis ?

 

Jérôme Cohen

Fondateur ENGAGE

 

ENGAGE – www.engage.world – a récemment lancé le Défi Biodiversité qui consiste à accompagner la transformation de 10 entreprises de petite taille en alliées de la biodiversité https://www.engage-defi-biodiversite.com/

 

 

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