Les germinations pour inventer des démarches contributives

En quelques mois, les publicités pour la voiture diesel ont disparu. On ne vante plus non plus le vol Paris-Bordeaux en 1h10 ! Les temps changent…


En quelques mois, les publicités pour la voiture diesel ont disparu. On ne vante plus non plus le vol Paris-Bordeaux en 1h10 ! Les temps changent… mais les « patrons effondrés » qui pilotent des « actifs qui risquent de s’échouer » (stranded assets), vont-ils pour autant pouvoir rebondir ? Après les industriels du charbon ou du pétrole, ceux de l’automobile, tous ceux qui fabriquent du béton, des plastiques, des pesticides… ont-ils les moyens de revoir leur modèles d’affaires pour les réadapter aux exigences du scénario 1,5°C ?

Rien n’est moins sûr, tant les acteurs restent assis sur leurs acquis : « Seulement 6 % des acteurs testent sur un volume d’actifs limité des méthodologies d’évaluation chiffrée des risques financiers », rapporte Novethic, qui mentionne que cela couvre « un montant cumulé de 151 milliards d’euros, soit près de dix fois moins que les volumes d’encours couverts par la mesure d’empreinte carbone de leurs portefeuilles ». Et c’est sans compter les risques écosystémiques (effondrement des ressources, chute des rendements due au réchauffement…) que l’OCDE avait largement explicités dans son rapport pour le G7 environnement (Biodiversity : Finance and the Economic and Business Case for Action).

Les assureurs (et les ré-assureurs) sont aussi formels : les risques systémiques induisent des coûts croissants qui obligent à « développer des politiques de prévention efficaces ». En bref, certaines activités deviennent véritablement insoutenables : les générations futures attendent d’autres modèles économiques… Non, il n’y a plus d’ancien monde où se réfugier.

Intégrité environnementale et justice sociale

La taxonomie verte européenne qui a été adoptée par le Parlement européen le 18 juin dernier va permettre aux investisseurs de discriminer les entreprises plus ou moins durables : elle va ainsi obliger les grandes entreprises à faire un reporting sur les coûts induits par leurs émissions de gaz à effet de serre, mais aussi par les dégradations environnementales (sols, eau, biodiversité…).

Première à faire la preuve de la validité de sa mutation, l’agriculture. France Stratégie a publié en août dernier un rapport sur les performances environnementales et économiques de l’agroécologie. Tous les secteurs sont invités à revisiter leur conception de la performance pour intégrer, dans leurs objectifs, l’économie en ressources, en énergie et la compatibilité avec les milieux de vie.

Il s’agit d’adopter le régime de transition écologique qui prend en compte les neuf limites planétaires et nos besoins (le plancher social). Kate Raworth a parfaitement décrit ce « donut des possibles » qui désormais conditionne nos activités. La ville d’Amsterdam a ainsi développé un programme économique combinant progrès social et transition écologique.

Pour les entreprises, les questionnements concernent d’emblée la raison d’être, les finalités des activités, les moyens déployés et leurs impacts. Et investir dans le durable est devenu un atout concurrentiel, comme le souligne Accenture dans un rapport sur l’économie circulaire : « Investir dans un modèle économique plus durable permettra aux investisseurs de participer à un marché qui devrait peser 4 500 milliards de dollars d’ici 2030. » Par exemple, les « marques régénératives » ont le vent en poupe ! Le Circulab, spécialiste de la formation en économie circulaire, proclame : « Il ne suffit pas de réduire nos impacts négatifs, l’objectif est maintenant d’avoir autant d’impacts positifs que possible. 

Responsable dont contributeur d’un intérêt commun

En France, la Secrétaire d’Etat à l’économie sociale, solidaire et responsable, Olivia Grégoire, insiste sur la nécessité de porter les enjeux ESG dans les stratégies d’entreprise : « Les directeurs RSE doivent siéger dans les comité exécutifs des entreprises », a-t-elle déclaré lors du Forum de Giverny, le 4 septembre.

Elle dit vouloir s’affranchir des normes comptables internationales (IFRS) et s’exprimera en ouverture de la session « Quels modèles contributifs pour les entreprises ?» des GERMINATIONS, le 25 septembre prochain. Nous écouterons ensuite des acteurs du changement qui interviennent sur divers nœuds du problème : le portage par les salariés du souci des écosystèmes vivants par Maxime Blondeau, fondateur du Printemps écologique, qui vise à créer des écosyndicats. La possibilité de réaliser des investissements durables (dans des objectifs de sens) avec Eva Sadoun, fondatrice de Lita.co.

Puis des opérateurs de grands groupes diront comment faire bifurquer leur paquebot ! Fabrice Bonnifet se fera porte-parole du Collège des 150 directeurs du développement durable (C3D), partenaire des GERMINATIONS, et évoquera son engagement pour développer les entreprises contributives (il a créé avec Céline Puff-Ardichvili le blog Entreprises contributives). Anne Chassagnette, directrice RSE chez ENGIE, voit son entreprise comme un pourvoyeur d’énergie essentiel pour les pays du sud. Enfin Bruno Roche entend parier sur une économie basée sur la réciprocité (Economics of Mutuality), en déployant sa fondation, soutenue par le groupe Mars.

Bien sûr des ateliers permettont d’échanger avec des représentants de Veolia, Danone, In Vivo, Engage, Prophyl, Arnaud Daguin, porte-parole du mouvement de l’Agriculture du vivant, Philippe Madec, architecte et urbaniste, et Anne-Laure Bédu, conseillère régionale en Nouvelle-Aquitaine. Ils proposeront de penser les territoires comme des métabolismes ou de reconnaitre les performances multiples de l’agriculture. Jean-Marie Chauvet, responsable de la Fondation Paris-Reims, sponsor des GERMINATIONS, raconte ici les opportunités de la bioéconomie en Champagne-Ardennes.

Venez profiter de ces moments inédits de partage d’expériences et d’inspirations : inscrivez-vous aux GERMINATIONS des 24 et 25 septembre prochains, à Ground Control, 81 rue du Charolais, Paris 12e.

 

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