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Routine : les montres Made in France sont de retour

L’industrie horlogère française se meurt ? Florian Chosson, jeune créateur des montres Routine, veut lui rendre toute sa noblesse en misant sur le design. Décryptage.

 

La France, puissance horlogère qui s’ignore. Cinquième exportateur de composants horlogers du monde, elle détient un savoir-faire incontestable dans ce secteur. Et pourtant, la filière horlogère est passée de 50 000 emplois et 2000 entreprises dans les années 70 à 2000 emplois et une cinquantaine d’entreprises aujourd’hui.

Un constat qui désole Florian Chosson, jeune ingénieur de 28 ans. « Après un stage de fin d’études dans une maison horlogère suisse, je voulais travailler en France dans ce secteur, mais on n’y fabrique plus de montres. Au mieux on les assemble, mais il n’y a pas de job pour un ingénieur. »

Qu’à cela ne tienne, il ne se résigne pas. En 2016, il crée Routine, sa propre marque horlogère, pour relancer la filière sur le sol français et faire travailler le tissu d’artisans qui existent encore. « Mon point de départ est le suivant : tout ce que je peux faire en France, je le fais. »

Deux ans plus tard, le pari est presque gagné : 86 % des composants des modèles Routine sont fabriqués en France. Les bracelets proviennent de cuirs tannés dans les Vosges et dans le Pays basque. Le reste provient d’Allemagne (verre), de Suisse (quelques rouages et pignons) et de Chine (module électronique).

Signe extérieur de style

Avec 13 millions de montres vendues chaque année en France, le marché n’est pas près de s’épuiser. Mais la montre ne joue plus le même rôle qu’autrefois. « Elle est passée du statut d’objet fonctionnel à celui de bijou, précise Florian Chosson. Elle est devenue un signe extérieur de style, d’appartenance à une classe sociale, les consommateurs l’achètent pour son design. »
C’est donc sur le design, premier critère d’achat, que l’équipe de Routine a mis l’accent. Elle a développé sa propre signature : l’aiguille diamétrale, c’est-à-dire une aiguille qui va d’un bout à l’autre du cadran. « Plutôt que d’enlever l’aiguille des secondes, on l’a exagérée. Elle ne permet pas de savoir s’il est 15 ou 45 secondes, mais c’est notre choix esthétique. »

Dans un deuxième modèle, le modèle Radar, c’est l’aiguille des minutes qui est exagérée. « Nous avons volontairement complexifié la lecture de l’heure, là encore par pur plaisir esthétique. Seul le porteur de la montre peut lire l’heure, et selon deux fuseaux horaires. Elle reprend le mouvement du radar autour de lui-même, d’où son nom de Radar, qui se lit dans les deux sens. »
Les montres Routine visent les jeunes urbains entre 25 et 45 ans, qui ont une certaine conscience sociale ou environnementale, et sont soucieux d’acheter français pour revaloriser le savoir-faire hexagonal.

Une montre à faible impact carbone

Selon Florian Chosson, Routine apporte la preuve que la France reste compétitive dans cette industrie de pointe, à l’encontre de certaines idées reçues. Ses modèles coûtent 295 €, pour une fabrication à 86 % française, et avec 95 % de valeur ajoutée apportée à la France. « C’est un prix très compétitif par rapport aux maisons horlogères suisses, ou aux françaises qui délocalisent leur production en Asie. Nous y parvenons en produisant en circuit court et en travaillant en direct avec tous nos fournisseurs. »

Produire local, en sourçant et en assemblant le maximum de composants en France, est aussi plus respectueux pour l’environnement : l’impact carbone est considérablement réduit. Et s’il faut exporter, Routine s’engage à limiter au maximum les aller-retour avec le bout du monde.

Florian Chosson le reconnaît, devenir entrepreneur en adoptant un positionnement fort a été un bon moyen de donner du sens à son projet professionnel.

 

En savoir plus sur les montres Routine

 

Pascal de Rauglaudre

 

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