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Artemise jette une lumière nouvelle sur l’économie circulaire

L’usine Artemise, dans l’Aube, recycle en toute sécurité des ampoules et néons. Un exemple lumineux d’économie circulaire, comme l’explique Laure Clerget, sa directrice.

On a tendance à l’oublier mais les néons et ampoules à économie d’énergie qui nous éclairent deviennent des déchets dangereux quand ils arrivent en fin de vie. Ils doivent être traités en toute sécurité pour les hommes et l’environnement. C’est ce que fait tous les jours la société Artemise, fondée par l’industriel troyen Jean-Marie Bailly.

Les tubes fluorescents les lampes fluocompactes jetés par les particuliers et les professionnels sont d’abord récupérés par Recylum, l’éco-organisme en charge de leur collecte. Puis ils sont envoyés dans l’usine d’Artemise située à Vulaines, dans l’Aube, à la limite de l’Île-de-France, le plus grand gisement de lampes usagées. « Recylum est aujourd’hui notre premier client, explique Laure Clerget, directrice de l’usine. Il représente 80 % de notre chiffre d’affaires. »

Pour optimiser les opérations de tri et garantir la qualité des matières premières récupérées, Artemise a élaboré toute une série de process industriels innovants, en association avec les organismes de santé au travail comme l’INRS (sécurité et prévention des accidents du travail) et la CARSAT (assurance retraite et de la santé au travail). Ainsi, l’accent est mis sur la ventilation des locaux et le taux de mercure présent dans l’entreprise est surveillé deux fois par semaine, en dix-neuf points différents.

La mécanisation pour plus de sécurité et de qualité

Les lampes, autrefois triées manuellement, sont traitées par des machines spécialisées qui sectionnent les embouts, séparent les métaux et la poudre, et broient le verre. Ce choix de la mécanisation permet d’obtenir des « matières premières secondaires » de bien meilleure qualité, tout en protégeant les opérateurs.

Ces matières premières de seconde main se répartissent en plusieurs familles : le verre ; les métaux ferreux et non ferreux (aluminium et cuivre) ; les poudres fluorescentes, qui contiennent du mercure, des métaux lourds et des terres rares ; les plastiques, papier et carton ; les piles et batteries.

Le verre est transformé en mâchefer ou en matériau abrasif pour le papier de verre. Les métaux repartent chez les ferrailleurs. Les poudres et terres rares sont enfouies en CET1 après démercurisation. Le plastique est valorisé énergétiquement. « Au total, nous revalorisons en moyenne plus de 80 % des composants d’un néon et d’une lampe. Ce qui reste est traité comme un déchet ultime. »

Une usine relais grâce aux collectivités locales

Les banques s’étant montrées trop timides pour financer la construction de l’usine, la communauté de communes du Pays d’Othe Aixois a mis la main au portefeuille, avec le soutien de la Siaba, l’agence d’aménagement du conseil général de l’Aube. Un investissement total de 4 millions d’euros, pour une usine relais de 2000 m2, qui n’appartiendra à Artemise qu’au bout de douze ans. En attendant l’entreprise s’acquitte d’un loyer. Artemise a investi 1,3 millions d’euros pour les machines industrielles.

Aujourd’hui, Artemise (acronyme d’Aube Recyclage et Traitement d’Éléments Mercuriels Issus de Sources d’Éclairage) embauche 20 personnes, pour un chiffre d’affaires de 1,5 million d’euros. En 2016, elle a traité 2200 tonnes de sources lumineuses, dont elle a tiré 1500 tonnes de verre et 72 tonnes de poudres.

Prochaine étape : le recyclage des détecteurs de fumée et des DEEE, matériels électroniques et électriques, unités centrales, imprimantes, cartouches d’encre, pour encourager l’économie circulaire autour de ces produits.

artemise-recyclage.com

Texte Pascal de Rauglaudre

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