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Bilan du Parlement des Entrepreneurs d’avenir les 12 et 13 mai

« L’économie doit redevenir une science morale ! », lance le philosophe Patrick Viveret, dés l’ouverture du Parlement des Entrepreneurs d’avenir. Le ton est donné. Pendant ces deux journées d’échanges, de débats et de réflexions, plus de mille « Explorateurs d’avenir », ont cherché comment « réinventer l’entreprise pour un avenir souhaitable ». Au sein des 11 commissions, des idées et des propositions concrètes ont émergé, pour porter plus loin les bonnes pratiques de la RSE.


« L’économie doit redevenir une science morale ! », lance le philosophe
Patrick Viveret, dés l’ouverture du Parlement des Entrepreneurs d’avenir.
Le ton est donné. Pendant ces deux journées d’échanges, de débats
et de réflexions, plus de mille « Explorateurs d’avenir », ont cherché
comment « réinventer l’entreprise pour un avenir souhaitable ».
Au sein des 11 commissions, des idées et des propositions concrètes
ont émergé, pour porter plus loin les bonnes pratiques de la RSE.

Tout d’abord, pour réinventer l’entreprise, il faut en mesurer
autrement la richesse
. Deux actions à mettre en oeuvre sont
précisées : faire évaluer le capital immatériel de l’entreprise et
mettre en place un autre modèle comptable (modèles de comptabilité
environnementale ou universelle comme Care et Gaia).

Pour celles et ceux qui avaient préféré s’interroger sur la croissance
(nécessaire) des entreprises, la question était alors de
savoir « Comment grandir sans se renier ? ». La notion d’empowerment
a émergé : il faut considérer et responsabiliser les
salariés en les associant aux décisions et ce, à tous les niveaux
de l’entreprise.

Et pour dessiner un avenir souhaitable dans ce contexte de crise,
les entrepreneurs ont rappelé leur besoin de financement.
L’inédite « Charte des Investisseurs d’avenir » a retenu l’attention.
Elle porte sur cinq principes : équilibre entre investissements
financiers et dimension sociale et humaine – respect de la
temporalité de l’entreprise – partage équitable de la valeur réalisée
– transparence – dialogue. La présidente de Planet D, Caline
Jacono souligne les enjeux : « Il faut diffuser cette Charte, la
crédibiliser par l’action, créer un label sur le modèle de l’investissement
socialement responsable et établir un processus
d’amélioration »
. C’est sur ce colossal défi que s’est achevée la
première série de commissions du Parlement.

Le lendemain, furent présentées les conclusions de l’enquête
menée par le groupe de travail « Entreprendre au féminin »
d’Entrepreneurs d’avenir. Pilotée par l’e-media Terrafemina,
cette étude doit permettre d’écrire l’avenir de l’entreprenariat
au féminin
. Véronique Morali, fondatrice du site, tire un bilan
« très positif » de la série de témoignages recueillis. L’étude souligne
les différences hommes/femmes et apporte trois propositions
concrètes pour promouvoir les femmes chefs d’entreprise :
le développement de leur formation continue – la mise en réseau
et le coaching – l’exemplarité pour mettre en valeur des parcours
de femmes.

L’exemplarité, c’est aussi ce que l’on espère des pouvoirs publics
en invitant la commande publique à prendre en compte la
Responsabilité Sociétale des Entreprises
, dans les appels d’offres.
Les intervenants ont noté un réel effort de critérisation mais
regretté l’absence de volonté politique.

Le Parlement a aussi été l’occasion de répondre aux questions de
chaque entrepreneur désireux de réussir ses premiers pas vers la
RSE. Claire Peradotto, dirigeante de Peradotto publicité a présenté,
lors de cette commission, une initiative concrète, fruit du
travail d’une quarantaine d’entrepreneurs de la région Provence-
Alpes-Côte-d’Azur : l’éventail du développement durable (DD). Cet
objet ludique et pédagogique explique aux entrepreneurs en cinq
onglets (social, sociétal, environnemental, économique, gouvernance)
les piliers du DD. Dans l’amphithéâtre voisin, les entrepreneurs
plus engagés dans la RSE se demandaient « Comment
innover en s’appuyant sur les salariés les moins qualifiés ? »
.

L’importance de mobiliser et de responsabiliser tous les salariés
était encore au coeur de la commission suivante : « Des entreprises
d’avenir : quels modèles ? »
Sur le versant plus environnemental,
la mise en place de procédés d’éco-conception et la
création d’un « label économie d’avenir », permettant un allégement
des charges, ont émergé. Plus largement, l’élaboration d’indicateurs
spécifiques qui permettent de définir et de distinguer
les entreprises d’avenir est une demande récurrente. Qu’il
s’agisse de référencer les fournisseurs pour s’assurer « des
achats vraiment responsables »
ou de questionner la pertinence
de « La norme ISO 26 000 », il convient aujourd’hui d’encourager
les retours d’expérience pour préciser encore les critères qui
déterminent la direction à suivre.

Pour réinventer l’entreprise enfin, un appel à la « collaboration
radicale »
a été lancé. Anne-Sophie Novel, créatrice de la barre
d’outils Ecolo-Info, qui facilite l’accès à l’information sur le DD,
suggère que les Entrepreneurs d’avenir expérimentent des collaborations
au sein du réseau. Des valeurs communes doivent les
unir. Ils doivent s’organiser par territoires ou par secteurs d’activités.
La coopération doit primer sur la compétition.

www.entrepreneursdavenir.com

Voir aussi l’article d’Anne Cormier

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