Ekoklean : de la faillite à la licorne

Comme beaucoup d’entreprises, le confinement a bien failli être fatal à Ekoklean (ex-Artupox). Mais à la mi-avril, Chrystèle Gimaret, sa pdg, a reçu un appel d’Airbnb, qui l’a propulsée dans une autre dimension. Explications.

 

Entrepreneurs d’avenir – Comment s’est passé le confinement pour Ekoklean ?

Chrystèle Gimaret – L’arrêt total ! Ekoklean travaille en B2B, et comme nos clients ont fermé, tous les salariés se sont retrouvés en chômage partiel. C’était la stupéfaction ! Et quand on a su que le confinement allait durer plus de quinze jours, j’ai bien cru qu’on fonçait droit vers la faillite. J’ai mis en place le PGE [Prêt garanti par l’État], les reports de charges, le chômage partiel, j’ai pris quelques jours de vacances. Et vers le 20 avril, Airbnb m’appelle…

Qu’est-ce qu’ils voulaient ?

Un truc de dingues ! Airbnb a mis en place un protocole global d’hygiène et de propreté pour accompagner la réouverture des destinations dans le monde. En France ils ont souhaité aller plus loin en offrant des services à leur communauté et ont fait appel à nous. Ils nous avaient repérés, mais ils n’avaient pas eu le temps de nous contacter avant l’épidémie. Dans un premier temps j’étais sceptique en redoutant un effet d’annonce, mais pas du tout. Et le 28 avril, on a signé un contrat. On est passé de la faillite à la licorne : pas mal, la résilience !

Qu’est-ce qu’il y a dans ce contrat ?

Nous allons développer une plateforme reliée à celle d’Airbnb pour mettre nos kleaners à disposition d’hôtes Airbnb dans plus de 200 villes de France et de Belgique. En gros, un propriétaire peut faire le ménage lui-même en optant pour un de nos kits proposés au prix de 30 ou 45 euros ou faire appel aux kleaners d’Ekoklean. Dans ce cas, un kleaner vient réaliser la prestation et dépose dans les logements un kit avec des produits écologiques et un kit Covid (masques, gel hydroalcoolique et virucide). J’ai insisté pour que la plateforme soit vraiment redistributive, et que le système de rémunération soit avantageux pour les kleaners.

Comment le kleaner est-il rémunéré ?

Le kleaner qui s’inscrit sur la plateforme a le choix entre deux statuts : travailleur indépendant ou salarié. Dans le premier cas, il récupère intégralement les 80 %, soit 24 euros, et nous l’aidons pour le suivi comptable et fiscal, en lui rappelant par SMS les montants qu’il doit verser. Sur les 24 euros, il lui en reste 18, soit deux fois le SMIC. Dans le second cas, il gagne comme un chef d’équipe. Il est prévenu par une notification qui arrive sur son portable, et qu’il est libre d’accepter. Et ça ne coûte que la moitié au client qui bénéficie d’un abattement fiscal de 50 %. La plateforme sera prête le 1er juillet, pour le début de la saison touristique.

Vous serez prêts ?

Oui, je ne vais pas te dire le contraire ! On va commencer en mode startup mais on devrait atteindre rapidement un rythme de croisière. La saison s’annonce pleine de défis, mais pour nous, c’est plutôt une opportunité : on va commencer crescendo, sans être dans un rythme trop rapide dès le départ. J’ai baptisé cette nouvelle structure Ekoklean OnDemand pour bien la distinguer de l’activité traditionnelle d’Ekoklean, parce que ce n’est pas du tout le même business model.

Justement, que devient l’autre branche d’Ekoklean ?

Elle a redémarré la semaine du 4 mai. Des clients voulaient remettre leur immeuble en état avant le déconfinement. On a donc rattrapé les deux mois non facturés avec des opérations de désinfection. Et tous nos salariés sont bien protégés : mon bureau ressemble à une usine de production de gel hydroalcoolique et de masques !

 

Pour s’inscrire sur Ekoklean On Demand (à partir du 1er juillet) : ekokleanondemand.fr

Pour les Kleaners : à partir du 22 juin

 

Pascal de Rauglaudre

 

Une réponse sur “Ekoklean : de la faillite à la licorne”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Je m'inscris à la newsletter