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Entrepreneurs sociaux : la mesure d’impact social entre dans les mœurs

KPMG a présenté la deuxième édition de son baromètre de la mesure d’impact social. Une pratique qui gagne du terrain chez les entreprises de l’ESS, pour leur plus grand bénéfice.

45 % des entreprises de l’économie sociale et solidaire (ESS) n’ont pas encore mis en place d’action d’évaluation de leur activité au cours des cinq dernières années. Concrètement, elles n’ont donc pas d’idée précise de l’impact de ce qu’elles font.

C’est l’un des résultats les plus marquants du Baromètre de la mesure de l’impact social, présenté le 8 mars par le cabinet KPMG. Mesurer l’impact social des entreprises de l’ESS signifie mesurer leur performance. Pour une association, par exemple, cela veut dire quantifier les changements survenus chez les bénéficiaires.

Cette étude, menée à l’automne 2017 par Adrien Baudet, consultant chez KPMG et doctorant à ESCP-Europe, portait sur 289 structures de l’ESS, entreprises, associations et coopératives. Ces structures se répartissaient entre 260 acteurs de terrain et 30 investisseurs et bailleurs publics.

53 % des acteurs de l’ESS
se mesurent

Parmi les acteurs de terrain, 53 % ont déclaré avoir déjà mis en place une démarche d’évaluation, 25 % l’ont envisagé. Les réponses varient en fonction de la taille, du budget et de la nature des ressources de ces acteurs : plus l’organisation est grande, plus elle est impliquée dans la mesure de son impact social.

Ce résultat dépend aussi de la nature du modèle économique. Les organisations au financement hybride (subventions plus revenus d’activités) ont une meilleure connaissance de leur impact social que les autres.

Quant aux financeurs de l’ESS, 55 % d’entre eux ont déjà entamé une démarche d’évaluation d’impact. Ceux qui financent par le capital et la dette sont plus sensibilisés à la mesure que ceux qui fonctionnent au don.

Les outils de la mesure de l’impact social

Le baromètre a aussi évalué les outils utilisés pour évaluer l’impact social.

Cas le plus courant : dans 56,7 % des cas, les membres de l’organisation collectent et analysent eux-mêmes les données nécessaires à l’évaluation. Suivent les outils de reporting, les études et outils de consultants, l’audit, les travaux de recherche scientifiques (peu utilisés en raison de la difficulté à mobiliser la communauté scientifique), et enfin, la communication. Mais en général, les acteurs de l’ESS combinent plusieurs outils à la fois.

Les informations nécessaires à l’évaluation de l’impact social couvrent l’ensemble des activités des acteurs de l’ESS. Elles concernent avant tout les bénéficiaires, les besoins, puis les ressources disponibles, les produits et les activités proposées, la satisfaction des bénéficiaires. Puis les résultats et les changements générés chez les bénéficiaires. Enfin, les résultats qui peuvent être attribués aux actions entreprises par les acteurs de l’ESS.


Des retombées très positives


Une petite moitié des acteurs interrogés ont reconnu s’être heurtés à des obstacles pour évaluer leur impact : coût de l’évaluation, résistances internes, complexité de la méthodologie.

Enfin, les retombées sont jugées plutôt positives par les acteurs interrogés. L’évaluation leur permet de rendre des comptes à leurs partenaires, de se démarquer, de mobiliser leurs parties prenantes et leurs équipes, de valoriser leur expertise et d’identifier des axes d’amélioration.

Dans l’ensemble, la mesure d’impact social transforme la façon dont les acteurs de l’ESS perçoivent leur rôle et leur mission. Elle leur permet d’améliorer leur communication auprès de leurs investisseurs et de leurs partenaires.

Une démarche très utile dans la recherche de nouveaux financements, dans un contexte de baisse des aides publiques.

Texte Pascal de Rauglaudre

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