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Fairphone, le téléphone qui veut en finir avec l’obsolescence programmée

Un smartphone « équitable » et respectueux de l’environnement, ça existe : c’est l’engagement de Fairphone, disponible à la vente depuis le début de l’année.

Pas d’or, ni de tungstène, ni de tantale provenant de zones en guerre, pas de minerais extraits par des enfants dans des mines contrôlées par des milices armées : c’est la promesse du Fairphone, un smartphone d’un nouveau genre, dont la deuxième version est sortie au mois de janvier.

L’équipe néerlandaise qui porte ce projet a monté sa propre filière d’approvisionnement en métaux provenant d’une région sûre de la République démocratique du Congo, à l’écart des conflits qui secouent le pays. La fabrication elle-même se déroule en Chine dans une usine qui s’est engagée à respecter des standards de sécurité, de salaire et de représentation syndicale. Quant aux composants, ils sont censés être faciles à recycler.

Le principe du Fairphone 2, c’est la modularité. Une fois que la coque est enlevée, l’utilisateur peut changer lui-même plusieurs pièces défectueuses, comme la batterie, l’écran, l’appareil photo, le micro, regroupés en sept modules faciles à remplacer. Le nombre d’outils à utiliser ? Un seul : un petit tournevis pour retirer les modules du cœur de l’appareil.

Le téléphone peut aussi être mis à jour pour inclure de nouvelles technologies, comme des lentilles nouvelles pour l’appareil photo, des détecteurs comportant plus de mégapixels, voire la mémoire interne, la RAM ou le processeur. Sa durée de vie annoncée est de l’ordre de trois à quatre années.

10 sur 10 pour la réparabilité

Que vaut le Fairphone par rapport à ses concurrents ? En matière de performances, il se défend plutôt bien et il équivaut au Galaxy S5 de Samsung. Son design, épais et austère, n’en fait pas le plus fantaisiste des smartphones, mais la coque est disponible en plusieurs couleurs. Son système d’exploitation est une version adaptée d’Android, même si ce n’est pas la toute dernière. Et le site iFixit, spécialisé dans la « réparabilité » des appareils électroniques, lui a attribué la note 10 sur 10.

Son prix plutôt élevé, 525 euros, le range dans la même classe que les modèles haut de gamme de ses concurrents. Mais, se défend Fairphone, il reflète le « vrai » coût d’un smartphone quand les filières d’approvisionnement sont certifiées, et que les ouvriers qui le fabriquent sont payés correctement (une infographie très détaillée sur le site internet montre la répartition des coûts). Il s’explique aussi par la production de l’appareil en petite quantité, qui interdit les économies d’échelle.

Avec ce nouveau modèle, Fairphone souhaite bouleverser les pratiques de l’industrie, et inciter les autres marques à suivre des filières d’approvisionnement équitables et d’autres méthodes de fabrication. Il veut aussi attirer l’attention de l’utilisateur sur l’impact du smartphone sur la vie privée, en l’alertant quand certaines applications ont un accès direct à ses données personnelles. Facebook et Twitter, par exemple, ont un impact « moyen », Telegram, « faible », et Facebook Messenger « élevé ».

Fairphone cible les consommateurs soucieux de respecter des valeurs humanitaires et environnementales. Avec ce nouveau modèle, il vise les 140 000 unités par an – bien loin des millions écoulés par Samsung et Apple. Pour mémoire, le premier Fairphone, sorti à l’automne 2014, s’était vendu, lui, à 60 000 exemplaires : pour l’équipe de Fairphone, c’est bien la preuve qu’il existe un marché pour l’électronique éthique.


FAIRPHONE

Texte Pascal de Rauglaudre

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