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Frédérique Clavel accompagne la création d’entreprise au féminin

Pour la fondatrice de Paris Pionnières, premier incubateur réservé aux femmes ouvert en 2005, le combat pour la mixité dans l’entrepreneuriat n’est pas encore gagné.


« Belle cohérence pour un gouvernement de combat ! Félicitations aux pionnières politiques. » La promotion dans le gouvernement Valls 2 de Najat Vallaud Belkacem et Fleur Pellerin n’a pas manqué de réjouir Frédérique Clavel, présidente de la fédération Pionnières, qui a exprimé sa satisfaction par ce tweet. « Ce sont mes chouchoutes », reconnaît-elle.
Lorsqu’elle présidait l’APCE (Agence pour la création d’entreprise), elle a eu l’occasion d’apprécier ces femmes « bosseuses et pas polémiques, ambitieuses mais soucieuses du bien commun, de justice et d’équité ». Bref, des femmes qui donnent envie d’entreprendre.
De quoi séduire Frédérique Clavel, qui a fondé dès 2005 Paris Pionnières, le premier incubateur dédié aux femmes entrepreneures, « à une époque où l’on commençait à peine à parler d’entrepreneuriat féminin, et d’une façon qui ne me plaisait pas ». Il était alors surtout question d’entraide entre femmes, et « femme entrepreneure » rimait essentiellement avec « solidaire et social ».


Faire rimer l’entrepreneuriat féminin et l’innovation


« Malgré toute l’estime que j’ai pour l’économie sociale et solidaire, je trouve regrettable qu’on n’associe pas plus souvent entrepreneure et innovation, par exemple. D’ailleurs, à l’époque, j’ai eu l’occasion de vérifier qu’il n’y avait pas plus de 5% de femmes dans les incubateurs. »
En outre, les innovations sociétales ne sont pas reconnues comme le sont les ruptures technologiques, et trouvent plus difficilement à se financer, ce qui nourrit un cercle vicieux de difficultés accrues pour les entrepreneures…
Depuis 2005, l’incubateur parisien a essaimé. En bientôt 10 ans, les 13 antennes du réseau Fédération Pionnières, implantées en France, mais aussi en Belgique, au Luxembourg et au Maghreb, ont accueilli et accompagné quelque 400 entrepreneures.
C’est tout naturellement que Frédérique Clavel s’est rapprochée du réseau Entrepreneurs d’Avenir, à titre personnel et au nom de Mix for Value, le fonds d’investissement qu’elle a fondé et qui cible exclusivement des projets portés par les femmes, « car je crois à la mixité créatrice de valeur ».

Des échanges riches lors d’un happy business exclusivement féminin

« Le souci de justice sociale et d’équité, de création de richesse pour le pays, ce sont des moteurs souvent essentiels pour les femmes créatrices d’entreprise », affirme Frédérique Clavel. Dès lors, rien d’étonnant si nombre des entrepreneures accompagnées par Fédération Pionnières appartiennent elles aussi aujourd’hui au réseau Entrepreneurs d’Avenir. Plusieurs d’entre elles ont d’ailleurs participé au « happy business » organisé par le réseau le 20 juin dernier. « Une façon de faire le lien entre des entrepreneures réunies par des valeurs communes, ce qui est très important », insiste Frédérique Clavel, qui a jugé cet événement « enthousiasmant, porteur d’une belle énergie et riche de discours authentiques, aussi transparents sur les réussites que sur les difficultés ».
Elle reconnaît qu’en 10 ans, la situation des femmes dans la société a plutôt progressé, et salue notamment la récente loi sur la présence des femmes dans les conseils d’administration. « Mais tout n’est pas gagné. Etre une femme entrepreneure, c’est certes avant tout être entrepreneur, mais c’est aussi plus de stress en tant que femme. Et dans les comités d’investissement des structures de capital risque, les femmes demeurent très minoritaires. »
Sur le plan de la parité, la société n’est encore pas vraiment à l’image du nouveau gouvernement… de quoi motiver les Pionnières entrepreneures à suivre la voie des Pionnières politiques.


FEDERATION PIONNIERES


Dominique Pialot & Pascal de Rauglaudre

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