Partenaire fondateur

Hugues de Vaulx – Coop Alternatives

Hugues de Vaulx est le co-fondateur de COOP ALTERNATIVES, société lyonnaise spécialisée en conduite du changement. Trois domaines sont la clé de son activité d’expertise-conseil : l’accompagnement en RSE, la gestion de projet, l’innovation et la formation.


Hugues de Vaulx est le co-fondateur de COOP ALTERNATIVES, société lyonnaise spécialisée en conduite du changement. Trois domaines sont la clé de son activité d’expertise-conseil : l’accompagnement en RSE, la gestion de projet, l’innovation et la formation.

Pour accompagner les autres vers une mutation en profondeur de leur mode de fonctionnement, ne faut-il pas soi-même avoir vécu quelques « révolutions » professionnelles ? Quelles ont été les étapes qui vous ont amené à la RSE ?

J’ai eu beaucoup de chance dans mon parcours professionnel. Après avoir créé avec des amis, pendant nos études, la société de production Kanari Films, j’ai appris les relations presse à la conférence des Evêques de France, puis la collecte de fonds pour créer l’Icam Toulouse au sein de l’Institut Technologique de l’Europe et du Sud. C’est ensuite, début 1993, en rejoignant le Groupe Promodès (Carrefour), que j’ai pu travailler sur des missions directement liées à la RSE, comme les achats responsables, le lancement de la marque Reflets de France, etc. J’ai pu approfondir ce sujet en effectuant ensuite un MBA à Dauphine tout en travaillant dans les secteurs de l’assurance chez AGF (Groupe Allianz) et du camion chez Renault Trucks (Groupe Volvo). Travailler dans des environnements différents ouvre l’esprit et donne des idées nouvelles.

Deux étapes auront été clés pour moi dans ce parcours.

La première fut la découverte d’un discours sur la finalité de l’entreprise, écrit par Paul-Louis Halley en 1971, à l’occasion du dixième anniversaire de Promodès. Il y décrivait avant l’heure, la norme de recommandation sur la RSE, ISO 26 000 : « la finalité de l’entreprise n’est pas la recherche du profit pour le profit. C’est la conscience de la nécessaire efficacité de l’action mise au service d’une recherche permanente de la satisfaction des besoins et des aspirations de tous ceux qui constituent la société humaine dont elle est un des rouages essentiels… ».

La seconde étape cruciale fut en 2008, lors de la décision prise avec un collègue, Nicolas Borde, de quitter l’environnement confortable d’une grande entreprise pour créer ensemble une société coopérative et participative, Coop alternatives. Nous accompagnons depuis trois ans des entreprises et collectivités dans leurs projets de responsabilité sociétale en les aidant à tisser des partenariats et projets innovants avec leurs parties prenantes.

Quelles sont les structures qui vous sollicitent ?

Ce sont clairement des structures qui souhaitent innover et durer dans le temps. Nous avons la chance de travailler aussi bien pour des entreprises que pour des collectivités publiques. Au niveau des sociétés privées, ce sont surtout des entreprises familiales. La plus connue et engagée est Botanic. Il y a aussi des entreprises coopératives comme la Caisse d’Epargne et Candia. D’autre part, des collectivités locales telles que la région Rhône-Alpes, le Grand Lyon, la Mairie de Lyon, la communauté de communes de l’Est Lyonnais, les communes de Charly et de Moins ont fait appel à nos services. Elles sont toutes très impliquées.
Nous intervenons aussi dans les Ecoles de commerce comme l’EM Lyon, l’EM Grenoble, l’ESCEM et d’ingénieurs comme l’ISARA, l’ISEMA, l’ESQESE, etc. Enfin, nous éprouvons beaucoup de plaisir à accompagner depuis 2 ans un monastère, l’Abbaye de Tamié, qui existe depuis le 12ème siècle.


Pensez vous que le monde économique est prêt à démocratiser le télétravail, le coworking, le management à distance ? A ne plus regrouper ses salariés sur un même plateau de bureau ?

La plupart des entreprises et collectivités ont encore des modes d’organisation du travail perfectibles. Je suis convaincu que celles qui chercheront à développer la confiance dans leurs relations humaines, à faciliter le travail de leurs salariés en leur évitant des déplacements inutiles, en leur faisant gagner du temps et de l’argent, attireront plus facilement des talents. Par ailleurs, la première cause d’accidents dans une grande majorité d’entreprises et de collectivités est liée aux déplacements entre le domicile et le lieu de travail. C’est étonnant que le télétravail, le coworking et le management à distance soient si peu pris en compte dans le document unique d’évaluation des risques des entreprises ou les plans régionaux pour la qualité de l’air.

Dans le cadre d’une action collective en Rhône-Alpes, animée par l’Espace Numérique Entreprise, nous sommes heureux d’accompagner des PME dans leur passage au télétravail. Quand cela se fait dans la concertation, en développant un management par objectifs, les résultats sont très positifs.
Avec le concours d’entreprises, de la région Rhône-Alpes, du Grand Lyon et de la Mairie de Charly, nous venons aussi de créer le Club Melchior, un centre de ressources pour développer le travail mobile, collaboratif, à distance. Il y a matière à innover sur ce sujet. C’est passionnant.

Le 3ème parlement des Entrepreneurs d’avenir se tient les 13 et 14 juin 2013 au CESE. Quelle thématique souhaiteriez-vous y voir traitée ?

Le dernier rapport de la Fondation Abbé Pierre sur le mal logement m’a interpellé et touché. Malheureusement, à la lecture de ce document, le constat est clair : les inégalités continuent de progresser. A contrario, de nombreux entrepreneurs d’avenir cherchent à développer plus de justice sociale. J’espère que ce parlement sera l’occasion de découvrir des bonnes pratiques permettant de faciliter la vie des personnes qui gagnent le moins d’argent, des familles à l’épreuve du mal logement.
Ce que font par exemple François Marty avec la « Foncière Chênelet » ou Bernard Devert avec « Habitat et humanisme » mérite d’être plus connu et démultiplié.

COOP alternatives

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