Partenaire fondateur

Philippe Gal – Servipac-Salazie

Philippe Gal dirige Servipac-Salazie, entreprise conseil en collecte et gestion des déchets pour ensuite, les valoriser.


N’étant pas uniquement en bout de chaîne des produits, l’industrie du déchet est devenue un maillon indispensable de l’activité industrielle. Nombre d’entreprises considèrent l’élimination, de leurs déchets, coûteuse et tentent d’en tirer une valeur d’échange positive. Servipac-Salazie aide les industriels soucieux de leur impact sur l’environnement, et de leur image, à optimiser leur circuit interne, le stockage, la collecte et la valorisation de leurs rejets.

Qui sont vos clients ? Quels types de déchets récupérez-vous et par quelles méthodes ? Y a-t-il des produits qui n’entrent pas dans votre champ de compétences? Comment vous positionnez vous entre le producteur de déchets et le centre de tri ?

Notre gestion centralisée des déchets s’adresse en priorité aux entreprises des secteurs restauration, distribution pétrolière et automobile, grande distribution, galeries marchandes et industriels. Nous servons 20 grands comptes représentant 4 000 points de collecte. Tous les déchets sont concernés, sauf les radioactifs et les explosifs.
Nous sommes conseil et intégrateur de solutions de gestion de déchets. Notre travail va de l’atelier du client jusqu’à la statistique, du bordereau de suivi de déchets (BSD) au rapport mis en ligne.

Nous sommes totalement indépendants du monde des collecteurs qui sont nos sous-traitants.
Je considère qu’un industriel du déchet qui a du matériel à rentabiliser n’est pas le mieux placé pour conseiller un client sur les plans réglementaire, environnemental, technique et financier. Il a des bennes ou des bacs à placer et faire tourner, pas nous. Pour chaque point de collecte nous choisissons la meilleure solution (flux in situ, tri, conteneurs, collectes, traitements).

Pour faire écho à la création de l’Institut de l’économie circulaire en février dernier et à l’émergence du Cradle to Cradle, en France, vous arrive-t-il de conseiller vos clients afin qu’ils privilégient l’écoconception de leurs produits et leur recyclage à l’infini (principe du C2C) ?

Nous faisons du C2C pour le monde du lubrifiant depuis longtemps. Avec les déchets creux, bidons en PEHD, nous avons monté une filière originale. Mais notre travail en amont est ailleurs : nous conseillons nos clients sur les conceptions de zones déchets, leur ergonomie, les procédés de reverse logistique, la formation des personnels, l’innovation technologique, par exemple la télémesure pour optimiser les tournées et éviter au client la surveillance de ses bacs, compacteurs, presses, à balles, etc.

Si tout cela est mis en place, il en résulte des taux de revalorisation intéressants et de belles économies. Le gain moyen global par client est de 10%. En résumé, nous nous attachons à la chaîne vertueuse du déchet : éviter, réemployer, recycler, valoriser.

Dans le cadre du débat européen sur la transition énergétique, quelles sont selon vous, les pistes pour valoriser encore mieux la gestion des déchets ?

Il faut combattre le kilomètre superflu, le camion qui revient à vide, les déchets triés puis re-mélangés. L’époque du greenwashing est révolue. Ce qui intéresse nos clients, ce sont les économies réalisées, les amendes évitées. Egalement, les CHSCT contents, les accidents du travail évités, la sécurité.
L’énergie économisée c’est aussi l’énergie humaine. En traitant le déchet de nos clients, nous leur permettons de se consacrer à leur vrai métier. Enfin, il faut être créatif et anticiper. Chaque semaine des filières se créent mais d’autres ferment, il faut s’adapter en permanence. Pour le bio déchet en particulier, nous constatons une réelle effervescence du milieu, mais il faut se méfier des fausses promesses, faire des tests, évaluer et innover.


Enfin, le 3ème Parlement national des Entrepreneurs d’avenir aura lieu à l’automne à Paris.
Quel sujet souhaiteriez-vous y voir traité ?

Je suis particulièrement sensible à l’aspect concret et opérationnel des process. On s’aperçoit que le meilleur système peut échouer quand n’est pas prise en compte la chaîne humaine qui le met en place : formation, communication, étude ergonomique, motivation.
Bref remettre l’homme au centre du système. Le second sujet plus philosophique est la nécessité, l’obligation même de ne pas sacrifier le long terme au court terme. Rien ne se fait sauf vision stratégique et à long terme, sans anticipation. Avant toute décision, il faut une attitude « médicale » : diagnostiquer, pronostiquer et ensuite décider.

Servipac-Salazie

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