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Pourquoi les parfums nous enivrent

Les amateurs de parfums ont enfin leur revue, elle s’appelle Nez, la revue olfactive. Aussi élégante que riche en contenu, elle explore l’univers de l’olfaction et de la parfumerie. Un magnifique objet, coup de cœur des Entrepreneurs d’avenir.

 

Petit jeu : quand vous rêvez d’un séjour dans une jolie maison à la campagne, à quelles odeurs l’associez-vous ? Nez, la revue olfactive, en a recensé sept. Sept « instantanés olfactifs » qu’elle décortique dans son dernier numéro : le bois ciré, le lait frais, la terre, le foin, le fumier, le feu de cheminée, les vieux livres.

Nez, c’est un nouveau « mook », objet hybride entre livre et magazine, dédié à l’univers de l’olfaction et de la parfumerie. L’élégance de sa réalisation se révèle dès la page de garde, découpée avec soin. À l’intérieur, on est agréablement surpris par la variété des articles, tous autour de la thématique de la parfumerie, avec une iconographie recherchée.

Dans son cinquième numéro, Nez explore la frontière floue entre le naturel et le synthétique dans la fabrication des parfums. L’un est glorifié, l’autre honni.

« Fétichisme du naturel »

Succombant au « fétichisme du naturel », le public raffole des parfums dont les noms évoquent des fleurs rares et des épices : encens de Somalie, rose de mai, bois de cèdre de Virginie, pavot bleu de l’Himalaya, vanille, thé rouge, papyrus…

Ainsi, seule la nature serait capable de produire de « vrais parfums » aux noms enchanteurs. Et les publicitaires n’ont pas de scrupules à profiter de cette méconnaissance du public sur la réalité de la parfumerie.

Car les fabricants de jus, eux, ne s’expriment pas en termes poétiques. Le parfum n’est jamais qu’une synthèse d’essences et de formules, obtenue à l’aide de processus de fabrication semblables à ceux de la chimie, tels que la distillation fractionnée et l’extraction au dioxyde de carbone.

« La nature, c’est de la chimie ! », s’exclame Olivier R.P. David, qui rappelle, tableau à l’appui, la composition chimique des molécules à la base des effluves qui charment nos vies. La cerise et l’amande contiennent du benzaldéhyde, la fleur d’oranger de l’anthranilate de méthyle, le jasmin du jasmonate de méthyle. Des noms qui feraient moins vendre à coup sûr.

Restituer les émotions

Dans ce dossier bien monté par l’équipe de Nez, on découvre que les parfums de synthèse, la coumarine, l’héliotropine ou la vanilline tant décriée, ne datent pas d’hier. Ils sont apparus en même temps que la chimie industrielle, au 19e siècle. Les ingrédients naturels eux-mêmes, qu’ils soient utilisés par la parfumerie ou par l’industrie agro-alimentaire, ont beaucoup évolué.

Finalement, c’est là tout le talent des parfumeurs : réussir à restituer les émotions par une combinaison savante de molécules.

Très éclectique, Nez propose d’autres articles, parmi lesquels un reportage sur la bergamote, agrume d’origine calabraise qui entre dans la composition du parfum Shalimar de Guerlain ; deux pages sur les secrets olfactifs de la cardamome, épice asiatique apparue tardivement en Occident ; une exploration de l’univers olfactif de l’écrivain décadent Joris-Karl Huysmans ; une enquête sur l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la création de parfums. Sans oublier un agenda qui recense les événements olfactifs des mois à venir.
Et en plus, c’est un « mook » qui sent bon !

 

Nez, la revue olfactive, aux éditions Agent trouble, 144 p., 19,90 €.
Pour la commander : www.nez-larevue.fr

 

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