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Tinto-Eco veut rapprocher le travail du domicile

Trop longs, trop émetteurs de CO2 : pour les entreprises, les trajets domicile-travail des salariés sont un casse-tête. Comment les réduire ? La startup Tinto-Eco a mis au point une solution originale.

 

Chaque année, 12 millions de tonnes de CO2 sont émis par les déplacements professionnels et les trajets domicile-travail. C’est le premier poste d’émissions de gaz à effet de serre des activités de bureau, écrit l’Ademe dans son guide « Être éco-citoyen au bureau ».

Problème : les entreprises sont souvent démunies pour alléger ces émissions qui déséquilibrent leur bilan carbone.
« Nous avons effectué des calculs pour une entreprise de 1 300 employés sur plusieurs sites en Ile-de-France, explique Mahamadou Diagouraga, directeur fondateur de la startup Tinto-Eco spécialisée dans les déplacements domicile-travail. 70% d’entre eux parcourent individuellement 12 000 km par an en voiture pour se rendre au travail, et ils émettent l’équivalent de 1,7 tonne de CO2. Or 60 % de ces salariés pourraient être rapprochés, ce qui diviserait par deux les émissions de CO2. »
Mais comment réduire ces trajets coûteux pour le moral des salariés et l’environnement ? Tinto-Eco a développé une solution innovante d’échanges de postes entre salariés.

Des postes permutables

Le principe est simple. L’équipe de Tinto-Eco récupère auprès des ressources humaines de ses entreprises partenaires une base de données anonymisées des salariés, avec toutes les informations nécessaires : fonction, adresses du domicile et du lieu de travail, mode de transport…
Elle les compile dans une plateforme logicielle paramétrée en fonction des choix de la direction et des salariés. Les données sont analysées selon cinq critères et tiennent compte des évolutions de carrière et d’effectif.
Les résultats sont restitués sous la forme d’une liste de profils permutables entre les différents sites d’une même entreprise.
Concrètement, un salarié qui occupe un poste d’équipier dans une chaîne de restauration rapide à Bondy, en Seine-Saint-Denis mais habite à Nanterre, dans les Hauts-de-Seine, pourrait permuter son poste avec celui d’un autre équipier en poste à Rosny, à côté de Bondy, mais vivant à Gennevilliers, à côté de Nanterre.
« Un salarié va vite comprendre qu’en rapprochant son lieu de travail de son domicile, il va gagner en qualité de vie et en pouvoir d’achat, insiste Mahamadou Diagouraga. Il conserve ses droits, son poste et son salaire. Seul le lieu de travail change. »

Désengorger les routes

Quant à l’entreprise qui met en place cette solution, elle y gagne en efficacité énergétique et productive (diminution du turnover, des retards et des absences), tout en respectant ses obligations RSE. Enfin, au niveau régional, cette optimisation contribue à désengorger le trafic routier.
Cible de Tinto-Eco : les entreprises qui disposent de plusieurs sites géographiques avec un potentiel pour un système d’échange de postes, et qui sont tenues de mettre en œuvre des plans de mobilité.
Tinto-Eco est accompagné depuis sa fondation par Bpifrance et l’incubateur Bond’innov, situé sur le campus de l’IRD à Bondy, en Seine-Saint-Denis. Fort de ce soutien, Mahamadou Diagouraga, ancien militaire dans l’aviation légère de l’armée de terre, a monté une équipe de sept personnes aux profils très techniques : ingénieurs éco-énergéticiens, informaticiens, spécialistes de la qualité de vie au travail et ressources humaines.
« Tinto-Eco apporte la preuve qu’en matière d’innovation technologique, les success stories proviennent de tous les horizons ! », conclut Mahamadou Diagouraga.

 

TINTO ECO
Twitter : @TintoEco

 

Pascal de Rauglaudre

 

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