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De quel progrès voulons-nous ?

Tribune de Pierrick De Ronne, Président de BIOCOOP

 

La réponse peut s’avérer complexe…Nous pourrions rentrer dans une analyse philosophique, redéfinir ensemble la notion de progrès et ce débat pourrait être long et sinueux. Nous pourrions reprendre les mots d’Albert Einstein, avec une dose évidente de fatalisme ” le mot progrès n’aura aucun sens tant qu’il y aura des enfants malheureux ” et tirer ainsi le chemin qu’il reste à parcourir… encore et toujours.
Nous pourrions également apporter notre propre définition du progrès. Et ne serait-ce pas tout simplement une marche en avant, un renouveau ? Mais comme le dit très justement Pierre Rabhi, “Toute évolution technique n’est pas forcément un progrès humain et le nouveau n’est pas une valeur en soi “. Nous devons avoir le courage de mettre le progrès au service de l’Humain, et, par Humain, j’entends l’intérêt collectif et les biens communs.

Biocoop a vu le jour d’un mouvement d’idées né dans les années 1970 pour être aujourd’hui une réussite sociale, sociétale et politique. Biocoop est le résultat de visionnaires qui ont compris avant les autres que la diversité amène de la cohérence au service du bien commun et de l’intérêt général.

Notre cahier des charges et notre charte sont garants de notre combat quotidien pour soutenir le développement de la bio et pour contribuer à faire évoluer les comportements de consommation. Militants de la première heure, nous poursuivons notre engagement pour une bio de qualité, cohérente, solidaire et locale.

Sur un marché en forte croissance, notre principal défi est d’accompagner ce développement et de garantir aux consommateurs la même exigence. Cette exigence provient du coopératif. Biocoop, via son Conseil d’Administration, dont je suis l’animateur, réunit autour d’une même table des parties prenantes différentes (magasins, producteurs, consommateurs, salariés), ce qui permet de dépasser les intérêts divergents de court-terme et de s’unir sur ce qui fait progrès.

Jouons sur nos différences, ce sont elles qui feront notre force. Mobilisons-nous autour de combats, et gagnons les « ensemble ». Nous avons toutes et tous besoin de sens individuellement et collectivement. Les combats ne manquent pas !

Les consommateurs prennent conscience de leur pouvoir face à l’enjeu de la citoyenneté. Ils se tournent massivement vers des modes de consommation plus responsables. Le progrès défendu par un distributeur ne serait-il pas de s’adresser plutôt à la responsabilité du citoyen qu’à sa fibre consumériste, proposer de la valeur ajoutée plutôt que des rabais ?
Il devient crucial d’être le plus transparent possible avec le consommateur sur la qualité des produits et la répartition de la valeur entre tous les acteurs. Cette transparence doit donner les moyens au consom’acteur de faire de son acte d’achat un acte politique.

Proposons de la qualité, du sens, de la cohérence et de l’authenticité. L’authenticité, souvent opposée au progrès, n’en est-elle pas finalement un synonyme ? Les entreprises doivent se donner pour mission de servir l’intérêt général en intégrant dans leurs résultats leurs externalités. Celles qui ne se donneront pas ce type de mission disparaitront tôt ou tard. J’en suis convaincu.

La coopération permet de voir l’humain dans sa globalité. L’humain ne se réduit pas à sa qualité d’individu, il n’existe que par rapport à son environnement et son écosystème. C’est un formidable enjeu pour les prochaines années. Le progrès au service de notre écosystème.

 

Pierrick De Ronne, Président Biocoop

 

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