Partenaire fondateur

Un arbre à énergie éolienne

Comment transformer les turbulences de l’air en énergie : c’est l’idée géniale de la startup New Wind, qui a inventé l’Arbre à vent, un système équipé de micro-turbines en forme de feuilles capables de capter les mouvements les plus infimes de l’air.



Tous les mouvements de l’air, même les plus infimes, peuvent-ils être récupérés pour produire de l’énergie ? Oui, répond Jérôme Michaud Larivière, fondateur de la startup New Wind. Et il le prouve avec l’Arbre à vent, un système ingénieux constitué d’un tronc et d’une centaine de feuilles en plastique vert, qui dissimulent des mini-turbines silencieuses.

C’est en se promenant par un jour d’été sans vent que Jérôme Michaud Larivière, ex-scénariste pour le cinéma et la télévision, a eu cette idée. Il a remarqué les feuilles d’un arbre qui frémissaient sur leur tige, agitées par un courant d’air invisible. « Ce mouvement possédait une puissance, il fallait trouver le moyen de la récupérer, confie-t-il. Sur mon balcon, j’ai commencé à faire tourner des prototypes en aluminium, avec des aimants tout simples dans un bobinage de cuivre. J’obtenais une puissance d’un watt. Pour arriver à 3,5 kW, qui correspond grosso modo à la consommation d’un foyer, il fallait créer une société, recruter des ingénieurs, trouver de l’argent… » Six mois plus tard, après de multiples améliorations, il a atteint 100 watts par feuille : avec cette puissance, le projet pouvait devenir réalité.



Capter les turbulences de l’air


Après trois ans de recherche et développement, il a mis au point des mini-éoliennes verticales, capables de capturer les vents à 360° : les Aeroleafs®. Des vents de 2 mètres par seconde suffisent à mettre ces mini-turbines en mouvement, contre 4 pour une éolienne classique. Cette extrême sensibilité permet de doubler le nombre de jours de production électrique sur une année.

L’Arbre à vent, dont la forme a été conçue par le designer suisse Claudio Colucci, est né en équipant un tronc et des branches d’acier avec 54 Aeroleafs. Tous les câblages sont dissimulés dans des branches amovibles, et les feuilles sont clipsées, ce qui garantit au système une durée de vie d’une quinzaine d’années. Sa faible hauteur permet de se passer d’un permis de construire, et il est capable de résister à des tempêtes cinquantenales.

En produisant jusqu’à 5,4 kWh, un Arbre à vent de 9 mètres de haut, pour un poids de 3,05 tonnes environ, peut satisfaire les besoins en électricité d’une famille de 4 personnes, hors chauffage. Il permettrait d’éclairer 455 mètres de voies publiques, 164 m2 de bureaux, ou encore 71 places de parking extérieur.

Usiné et assemblé intégralement en France par Bretagne Ateliers, le premier prototype est sorti en 2013, et deux exemplaires ont été présentés pendant la COP21, en décembre 2015. Vendu au prix de 49 500 € HT, il est plutôt destiné aux collectivités locales et aux entreprises. Le fabricant de mobilier Habitat a récemment commandé des arbres à « planter » autour d’un entrepôt d’une surface de 60 000 m2. Quant aux particuliers, NewWind promet un « buisson à vent » très prochainement ou encore des « feuilles de toit » d’une puissance installée de 360W.

Auteur de plusieurs brevets, New Wind a déjà reçu plusieurs prix et récompenses. « Nous avons développé des compétences très pointues dans la compréhension des phénomènes de turbulences en milieu urbain, conclut Jérôme Michaud Larivière. C’est très utile pour produire de l’énergie là où se concentrent les utilisateurs. »

Pour financer l’industrialisation des Arbres à Vent commandés par ses premiers clients, New Wind organise une levée de fonds. Tous les renseignements sont sur newwind.fr

NEW WIND

Texte Pascal de Rauglaudre

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *