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Voyage au cœur de l’entrepreneuriat social aux Philippines

Etayé de nombreux portraits, « The genius of the poor », bientôt traduit en Français, décrit comment Tony Meloto et son ONG Gawad Kalinga donnent aux plus démunis les moyens de trouver en eux-mêmes les ressources pour éradiquer la pauvreté d’un pays doté de richesses naturelles exceptionnelle et de talents hors du commun.


Venu interviewer Tony Meloto en 2012 pour le compte du quotidien britannique The Guardian, le journaliste Thomas Graham a finalement passé 18 mois au sein de Gawad Kalinga. Dans son ouvrage paru il y a quelques semaines aux Philippines, il montre au travers de multiples rencontres avec les plus pauvres et ceux qui travaillent à leurs côtés, comment l’entrepreneur philippin d’origine modeste, après une brillante carrière chez Procter & Gamble, s’emploie à concrétiser son rêve : sortir 5 millions de personnes de la pauvreté d’ici à 2024.

De la charité à l’entrepreneuriat social

Gawad Kalinga (« prendre soin ») a été fondée en 2003 avec l’objectif de construire en 7 ans 700 000 maisons destinées aux plus démunis. Depuis, GK a nettement rehaussé son ambition. De nombreuses entreprises américaines et européennes, au premier rang desquelles de grands groupes français, se sont investies aux côtés de Tony Meloto. Au fil du temps, les opérations de charité se sont transformées en initiatives visant plus directement à restaurer la dignité des pauvres et leur estime d’eux-mêmes. Ce sont les entreprises qui financent les villages et apportent les fonds pour amorcer diverses activités selon une stratégie de croissance inclusive qui concilie profit et progrès social. Mais ce sont eux qui construisent les villages et y développent des entreprises sociales, accompagnés par de nombreux bénévoles philippins et étrangers.

Grâce à la participation de groupes tels que Shell, Unilever, Accenture, Air France-KLM, HSBC, Microsoft, P&G, Nestlé, d’écoles comme l’Essec et d’organismes publics comme la Banque asiatique de développement, 2400 villages abritant 1 million de personnes défavorisées ont été construits en 10 ans.

Laboratoires d’innovation sociale au sein du marché asiatique

Air France, par exemple, a financé la construction d’un village où cohabitent une vingtaine d’entrepreneurs sociaux. De nombreux stagiaires de grandes écoles françaises s’y pressent, avides de découvrir le prometteur marché asiatique, qui ne se limite pas à la Chine.
Ces villages constituent autant de laboratoires d’innovation sociale qui permettent aux entreprises de tester leurs produits dédiés au Bottom of the pyramid (BoP), ces presque 4 milliards de personnes qui vivent avec moins de 3 $ par jour.
Il y a un peu plus de deux ans est né le projet des « fermes enchantées ». La première construite attire chaque année 40 000 visiteurs, et abrite des entreprises sociales dans toutes sortes de secteurs, des jouets au fromage en passant par les cosmétiques ou le chocolat. Hyundai y a construit un centre de technologie verte et Shell, un centre pour l’innovation et l’entreprise sociale. Elle accueille également des séminaires d’entreprises telles que DHL ou Citibank.

Tony Meloto en est persuadé, avec ses 12 millions d’hectares de terres fertiles et ses 100 millions de consommateurs, le pays, que certaines études placent au 16eme rang des puissances économiques mondiales en 2030, a tous les atouts pour éradiquer l’extrême pauvreté et prospérer au sein d’un continent asiatique en plein développement. Grâce précisément au génie des pauvres auxquels GW donne les moyens de s’en sortir par eux-mêmes.

Un génie qui vient du cœur et non de la seule matière grise

C’est ce que décrit Thomas Graham avec ses yeux et se mots d’Occidental, ce qui fait de son ouvrage, traduit en Français au mois de mai 2015, un parfait complément à « Bâtisseurs de rêves », écrit par Tony Meloto lui-même en 2012.
« Comme je l’ai découvert, le génie ne se limite pas à une excellence individuelle dans une activité donnée, mais s’incarne dans une attitude humaine positive envers la vie, ses hauts et ses bas, ses injustices comme ses opportunités, et, avant tout, envers les autres, sa famille, son voisin, un étranger…témoigne Thomas Graham. C’est ce génie que j’ai trouvé chez les plus pauvres. Ce faisant, j’ai appris non pas à passer des examens ou à paraître intelligent, mais simplement à vivre de façon plus authentique et humaine. »
C’est ce génie des pauvres, qui vient du cœur et non pas de la seule matière grise, que les lecteurs français pourront découvrir à travers les nombreuses rencontres relatées par Thomas Graham, dans la version française de l’ouvrage à paraître en mai 2015.

GAWAD KALINGA

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