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Welp veut moderniser le bénévolat

Avec la plateforme Welp, Marie Treppoz veut simplifier et dynamiser la pratique du bénévolat et de la solidarité pour attirer de nouveaux publics.





Vous avez besoin d’un coup de main pour réparer votre ordinateur, ou vous cherchez de la compagnie pour jouer au tarot. Ou au contraire, vous êtes disponible pour faire du soutien scolaire ou garder un chien pendant les vacances de ses maîtres. Mais vous ne savez pas comment vous y prendre, le milieu associatif vous rebute, et vous apparaît lourd et contraignant.

Vous êtes mûr pour rejoindre Welp, une plateforme Internet qui met en relation des bénévoles et des bénéficiaires. C’est Marie Treppoz, membre du réseau Entrepreneurs d’avenir, qui en a eu l’idée : « Je venais de quitter mon emploi chez Unibail-Rodamco, et je voulais faire du bénévolat, mais j’ai trouvé le chemin par les associations long et compliqué. »

Pour trouver son bonheur, il suffit de se connecter au site, qui affiche une liste d’annonces d’entraide et une liste de bénévoles. Grâce à l’application de géolocalisation intégrée, il est très facile d’identifier les besoins en bénévolat près de chez soi. Une fois le service rendu, bénévoles et bénéficiaires peuvent noter leur expérience et laisser un commentaire pour enrichir la plateforme et contribuer à la confiance dans le système. « Mon idée n’est pas de me substituer aux associations, mais de moderniser le bénévolat pour y attirer des publics nouveaux, précise Marie Treppoz. Pour l’instant, la majorité de nos annonces est issue du milieu associatif, mais nous voulons recruter davantage de particuliers. »

Bien entendu, à une époque où le sentiment d’insécurité est prégnant, Welp a mis en place une solution pour garantir la sécurité des bénévoles et des bénéficiaires : « Nous nous adressons à des populations potentiellement fragiles, des personnes âgées, des enfants. Nous avons donc mis en place un système de profil public qui nous permet de vérifier tous les commentaires laissés sur les inscrits sur le site. »

Oui à la solidarité, mais pas comme autrefois !

À l’heure de l’individualisme et du désinvestissement personnel, y a-t-il encore un désir de volontariat en France ? « Oui, répond sans hésiter Marie Treppoz. Il y a quand même 20 millions de bénévoles en France, soit 40 % des gens de plus de 18 ans qui s’engagent, de façon organisée dans un cadre associatif, ou plus informelle et plus irrégulière. » Si le mouvement vers davantage de solidarité existe bien, on ne veut plus en faire comme autrefois. Les retraités ne veulent plus s’enfermer dans un contrat mais opter pour le bénévolat à la carte. Les jeunes, eux, répondent plus facilement présents sur les actions de proximité.

Tous les échanges se passent sans argent, bien sûr. Pour se financer, Welp passe des partenariats avec des entreprises, des mairies et des associations, dont la liste est visible sur la page d’accueil du site. La Croix Rouge, l’Agence du Don en Nature ou les Orphelins d’Auteuil, utilisent Welp pour leur communication et le recrutement sur des opérations ponctuelles.

Les entreprises et les collectivités locales paient pour se mettre en avant sur le site. La mairie de Sèvres, par exemple, a une page dédiée au bénévolat, administrée par Welp. C’est une piste que Marie Treppoz veut approfondir à l’avenir : « Les grands groupes ne savent pas toujours comment s’engager dans le mécénat social, pour des questions d’images vis-à-vis de leurs clients ou de leurs salariés. Nous les engageons à soutenir nos actions, via notre site », explique-t-elle.

La startup a aussi lancé une campagne de financement participatif. Son objectif : 100 000 euros, contre des participations en capital défiscalisables. 40 % ont déjà été collectés, et il reste deux mois avant de clore la levée de fonds. « Je ne fais pas Welp pour gagner de l’argent, mais pour avoir un impact, conclut Marie Treppoz. En attendant le statut d’Entreprise Sociale et Solidaire, j’ai choisi le format SAS, pour rester cohérente entre l’entreprise privée et la démarche sociale. »

Aujourd’hui 5000 bénévoles sont inscrits, 2000 annonces ont été publiées, et 40 % ont reçu des propositions. Ambitieuse, Marie Treppoz vise les 50 000 à la fin de l’année 2016, et 500 000 l’année suivante.

WELP

Pascal de Rauglaudre

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