Partenaire fondateur

Philippe Joffard – Lafuma

Philippe Joffard est PDG du groupe Lafuma, leader mondial du marché de l’outdoor et membre d’Entrepreneurs d’avenir.

Vous avez choisi de mettre en avant le développement durable et la RSE au sein de votre groupe. Pouvez-vous nous décrire les axes principaux de votre politique en la matière ?

Il y a maintenant une dizaine d’années, on s’est d’abord intéressé au développement durable pour des raisons propres à l’activité de notre groupe qui propose des produits utilisés dans la nature. Très vite on a aussi découvert tout l’intérêt économique de la durabilité qualitative induit par cette démarche environnementale. Il est clair que l’analyse de l’impact écologique d’un produit rejoint celle de sa valeur économique. Et cela en analysant et en travaillant sur ces quatre points essentiels :

• les matières, avec deux objectifs : sélectionner les composants les moins écologiquement impactant, qui s’avèrent de plus en plus innovants et optimiser leur consommation par des astuces de conception,

• le temps de fabrication qui correspond à de la consommation énergétique. Cela permet dès la conception de réduire à la fois le temps main d’œuvre et donc la pénibilité, mais aussi l’énergie des machines toujours associées à la production, une énergie qui se raréfie et dont les coûts augmentent,

• Réduire à l’essentiel tout le packaging markété du produit, essentiellement son emballage et son étiquetage. On gagne en clarté d’information, en coût et en impact environnemental car ce sont généralement ces surplus qui ne rentrent pas dans le produit qui sont écologiquement les plus lourds,

• enfin, l’optimisation de la chaîne transports avec la validation de nos circuits, qui doivent être toujours plus courts, plus efficaces, et donc moins impactants.

Ces quatre éléments nous permettent de calculer ce que nous appelons notre éco-rating et, en agissant ainsi, non seulement on améliore son impact environnemental mais on améliore très sensiblement sa note économique.
On peut ainsi dire que la bonne économie rejoint la bonne écologie et inversement. Enfin, de nouvelles réglementations environnementales arrivent et plus les entreprises les anticiperons, plus elles gagneront une avance et une différenciation compétitives.

Vous avez lancé récemment une opération de recyclage intitulée « offrez une seconde vie à vos transats » en collaboration avec les magasins Botanic. Quel est le bilan de cette opération ? Avez-vous d’autres projets visant un même objectif de développement durable pour l’année à venir ?

Elle a été à la fois emblématique et très facile à monter, parce qu’avec Botanic et l’industriel Ferrari qui était associé à cette opération, on partage la même vision. Bien entendu, cette collaboration va être reconduite. Pour cette année, on a changé 53 % des toiles des transats vendu par nous chez Botanic : 5 000 toiles de rechange. Et on aussi récupéré 800 anciennes toiles qui ont été traitées dans notre circuit de recyclage. On va aussi dupliquer ce type de collaboration.
Notre marque Millet a un projet équivalent sur les anciennes cordes (remise accordée sur une nouvelle corde contre la collecte de l’ancienne). Opération de recyclage qui permettra par ailleurs concrètement de sécuriser l’usage de ce matériel.
Ces notions de collaboration entre partenaires industriels et distribution sont essentielles, même si en tant que marque on a maintenant un contact direct avec le consommateur via le net. Ce tryptique qui associe industriel/magasin et consommateurs est clé pour être extrêmement efficace, si le produit est bien identifié dans la chaîne de compétences facile à mettre en œuvre.


Quelles sont vos attentes pour le prochain Parlement des Entrepreneurs d’avenir ?

Je fais confiance aux animateurs du Parlement des Entrepreneurs d’avenir : mais on soulignera que la crise est une opportunité pour remettre en cause un certain nombre de schémas qui paraissent avoir vécu. Autant le thème central du parlement 2011 aurait pu paraître un peu classiquement prospectif il y a 4 ou 5 ans, car cette notion de réinvention se veut être permanente pour la vie même des entreprises, autant cette réflexion est essentielle dans la période économique actuelle et dont nous ignorons la fin. On vit la transformation du monde (la Chine est ainsi passée d’un statut de pays émergent à celui d’une des toutes premières puissances mondiales pendant nos deux ans de crise), aussi se réinventer est non seulement fondamental mais vital. Etre Entrepreneur d’avenir n’a jamais eu plus de sens : d’utile, c’est devenu indispensable.

www.groupe-lafuma.fr

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