Clikeco : réinventer la gestion des déchets pour transformer les entreprises

Depuis plus de vingt ans, Florence Marteaux, fondatrice de Clikeco accompagne les TPE et PME dans leur transition environnementale et la gestion optimale de leurs déchets. Elle partage sa vision d'une entreprise où performance économique, ancrage territorial et impact positif se conjuguent.

 

La Fabrique d’avenir : Clikeco est née d’un marché assez ignoré à l’époque : la gestion des déchets dangereux en petites quantités. Comment avez-vous identifié cette opportunité et qu’est-ce qui vous a convaincue qu’il était possible de transformer une contrainte réglementaire en véritable levier de changement ?

Florence Marteaux : L’histoire de Clikeco est née d’un paradoxe : les petites entreprises sont soumises aux mêmes obligations réglementaires que les grands groupes, quelque soit leur volume de déchets, mais elles ne disposaient pas de solutions adaptées.

À l’époque, le marché de la gestion des déchets dangereux était principalement organisé autour des gros volumes industriels. Les artisans, garages, collectivités, professionnels de santé, PME ou entreprises du bâtiment se retrouvaient souvent seuls face à une réglementation complexe et à des offres inadaptées.

Nous avons très vite compris qu’il ne s’agissait pas seulement d’un marché oublié mais d’un véritable enjeu de société.

Chez clikeco, nous avons toujours considéré que la réglementation environnementale n’était pas une punition mais un levier d’amélioration continue. Derrière un déchet dangereux, il y a la sécurité des salariés, la protection de l’environnement, la préservation des ressources et l’attractivité des territoires.

Finalement, notre métier n’est pas seulement de collecter des déchets. Il consiste également à accompagner les entreprises pour qu’elles puissent exercer leur activité sereinement, en étant conformes, responsables et fières de leur impact.

Depuis plus de vingt ans, nous défendons l’idée qu’une entreprise peut être performante économiquement tout en étant utile à la société. Nous n’avons jamais opposé économie et écologie. Au contraire, nous sommes convaincus que les deux avancent ensemble.

 

Depuis plus de vingt ans, Clikeco accompagne les TPE et PME dans leur transition environnementale. Selon vous, quel est aujourd’hui le principal frein qui empêche encore les PME de s’engager davantage dans des démarches durables ?

Je ne crois pas que le principal frein soit le manque de volonté.

Les dirigeants de PME sont probablement parmi les acteurs économiques les plus pragmatiques que je connaisse. Ils savent que les enjeux environnementaux sont réels et qu’ils devront transformer leurs modèles. En revanche, ils manquent souvent de temps, de lisibilité et parfois simplement d’interlocuteurs capables de leur parler simplement.

Lorsqu’on dirige une PME, on doit gérer les clients, les équipes, la trésorerie, le recrutement, les investissements et les évolutions réglementaires. Dans ce contexte, l’environnement peut rapidement devenir un sujet supplémentaire sur une liste déjà bien remplie.

Notre rôle est donc d’enlever de la complexité.

La transition écologique des entreprises ne se fera ni par la peur ni par la culpabilisation. Elle se fera par l’accompagnement, la pédagogie et des solutions concrètes qui s’intègrent dans la réalité opérationnelle des entreprises.

C’est probablement l’une des grandes forces des PME françaises : lorsqu’elles comprennent le sens d’une démarche et qu’elles disposent des bons outils, elles avancent souvent très vite.

 

Votre modèle repose sur la proximité, la réactivité et l’innovation, avec un réseau d’agences ancrées dans les territoires. Comment parvenez-vous à concilier croissance nationale et impact local sans perdre votre ADN ?

La proximité fait partie de notre ADN depuis le premier jour.

Clikeco est née en Alsace et s’est développée autour d’une conviction forte : les enjeux environnementaux se traitent d’abord localement.

Aujourd’hui, notre réseau d’agences couvre une grande partie du territoire français grâce à des entrepreneurs profondément ancrés dans leurs régions, qui connaissent leurs clients, leurs partenaires et les réalités économiques locales.

Nous ne voulions pas construire un réseau de simples points de collecte. Nous voulions construire une aventure collective.

Cette culture du collectif est devenue l’une des signatures de Clikeco. Nous aimons dire que nous sommes un réseau d’entrepreneurs qui partagent des valeurs communes avant de partager un modèle économique.

Notre ambition n’est pas d’être les plus gros acteurs du marché mais probablement les plus proches de nos clients et les plus utiles à nos territoires.

La croissance ne doit jamais éloigner une entreprise du terrain. C’est une vigilance permanente.

 

L’innovation chez Clikeco ne se limite pas à la technologie : elle concerne aussi les modèles économiques, les usages et le progrès social. Pourriez-vous nous parler de cette quête de performance globale et responsable ?

Pour nous, l’innovation n’est pas un outil, c’est un état d’esprit.

Innover, c’est parfois développer de nouveaux outils numériques ou optimiser des tournées pour limiter les kilomètres parcourus et les émissions associées. Mais c’est aussi inventer des modèles plus inclusifs, plus collaboratifs et plus durables.

Nous parlons beaucoup aujourd’hui de performance globale. Cette notion est essentielle.

Une entreprise performante est une entreprise qui crée de la valeur économique, bien sûr, mais également de la valeur environnementale et sociale.

Cela passe par la qualité de vie au travail, l’engagement des collaborateurs, la montée en compétences, les partenariats locaux, l’économie circulaire ou encore la réduction de notre empreinte environnementale.

Chez Clikeco, nous travaillons également beaucoup sur la notion de collectif : créer des liens entre clients, partenaires, franchisés et acteurs locaux afin de faire émerger des synergies positives sur les territoires.

Je suis profondément convaincue que l’entreprise a un rôle politique au sens noble du terme : celui de participer à la construction du monde dans lequel nous voulons vivre demain.

 

Si vous deviez transmettre un ou plusieurs messages importants à un entrepreneur qui souhaite créer ou reprendre une entreprise et rechercher un impact positif socialement et écologiquement, lesquels seraient-ils ?

Le premier conseil serait de ne jamais choisir entre impact et rentabilité.

Une entreprise qui ne gagne pas d’argent ne peut pas avoir d’impact durable. Mais une entreprise qui ne crée pas de valeur pour la société aura de plus en plus de mal à trouver sa place demain.

Le deuxième conseil serait de rester profondément connecté au terrain et aux besoins réels des personnes que l’on accompagne. Les plus belles entreprises naissent souvent de problèmes très concrets auxquels personne n’avait encore apporté de réponse satisfaisante.

Enfin, je dirais qu’il faut rester fidèle à ses valeurs, y compris lorsque l’entreprise grandit.

Les périodes de crise, d’incertitude ou de transformation font partie de toute aventure entrepreneuriale. Mais dans chaque crise, il y a une opportunité de se réinventer et de progresser.

Créer ou reprendre une entreprise est une aventure un peu folle, exigeante, parfois inconfortable, mais profondément enthousiasmante.

Et lorsqu’on parvient à conjuguer réussite économique, utilité sociale et impact environnemental, on découvre qu’entreprendre peut devenir l’un des plus beaux leviers de transformation de notre société.

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