Hability : six ans après 2tonnes, changer de nom, de regard et d’échelle

Après avoir sensibilisé près de 400 000 personnes avec 2tonnes, Hability ouvre un nouveau chapitre : aider les organisations à transformer la compréhension des enjeux de transition, en capacité d’action collective.

 

La Fabrique d’avenir : Depuis sa création en 2019, 2tonnes a permis à des centaines de milliers de personnes de mieux comprendre les leviers de la transition écologique. Aujourd’hui, 2tonnes devient Hability. Que raconte ce changement de nom sur l’évolution de votre mission et sur les besoins des organisations aujourd’hui ?

Hability : Il y a 6 ans, François créait 2tonnes sur une conviction simple : comprendre change les comportements, et les comportements changent les organisations.
Pierre-Alix l’a rejoint et ensemble, ils ont créé le projet qui a formé près 400 000 personnes dans 60 pays. Grâce aux 14 000 animateurs et animatrices, des ateliers ont été animés auprès de tous les publics, à travers une gouvernance partagée entre une entreprise et une association.
Puis, en 2025, le backlash écologique a frappé l’écosystème de plein fouet. Durant cette période mouvementée, nous avons exploré, réfléchi et itéré. Nous en sommes ressortis avec ces convictions renforcées :

– Le changement s’impose, et pas uniquement pour des raisons écologiques
– L’humain est le principal frein, si on ne l’inclut pas dans la transformation.
– Si on investit en lui, l’humain peut être le point de départ du changement.
– Lorsque l’humain comprend, il s’engage. Lorsqu’il s’engage, il transforme.
– Tout changement qui ignore l’humain échoue.

C’est pour incarner cette vision que 2tonnes a changé de nom. Nous sommes devenus Hability : H comme Humain, ability comme capacité.
Nous souhaitons que chaque personne ait la capacité de faire les bons choix pour construire un monde meilleur et avons opéré un réel changement de vision, en nous repositionnant sur la transformation humaine et l’embarquement des salariés.
Car c’est ce dont les entreprises ont besoin aujourd’hui : seules 11 % des entreprises atteignent leurs objectifs de réduction d’émissions (BCG, 2024). Ce n’est pas un manque de solutions ou de volonté, mais plutôt un enjeu de transformation humaine.
La transformation RSE d’une entreprise dépend de deux ingrédients clé : la qualité du plan RSE, aujourd’hui plutôt bien menée dans nombre d’entreprises et la capacité d’embarquement des parties prenantes. C’est cette dernière que nous travaillons à améliorer et à intégrer dans les entreprises.

 

Vous êtes intervenus avec 10 animateurs au Parlement des Jeunes avec l’atelier “Cultivons Notre Avenir”. Comment cette expérience doit être adaptée différemment de vos interventions auprès d’équipes au sein d’une entreprise ?

Les deux contextes partagent la même exigence de fond : créer les conditions d’une vraie réflexion collective, sans imposer de conclusion. Mais les adaptations sont importantes.
Au Parlement des Jeunes, on travaille avec des personnes en formation de leur vision du monde, dont l’engagement citoyen est central et la posture naturellement plus critique vis-à-vis des institutions. L’enjeu est de nourrir cet esprit critique et de créer un espace où des convictions très différentes peuvent coexister et se confronter de façon constructive.
En entreprise, le contexte est différent : les participants ont un rôle, une hiérarchie, des contraintes opérationnelles. L’enjeu est souvent de créer un espace de liberté dans un cadre qui ne l’encourage pas toujours, et de relier les enjeux globaux aux décisions concrètes de chaque métier, afin de trouver des leviers d’action dans leur quotidien professionnel.

 

Vos ateliers reposent sur l’intelligence collective, l’expérience immersive et le débat. Comment créez-vous les conditions d’un échange constructif entre des publics qui n’ont pas toujours les mêmes connaissances, métiers ou convictions ?

C’est précisément là que réside notre expertise, et c’est ce qui nous a pris le plus de temps à construire.
La première condition, c’est de ne pas partir des convictions mais d’une expérience partagée. Nos formats commencent toujours par créer un socle commun accessible quel que soit le niveau de connaissance. On ne suppose pas que tout le monde sait, et on ne part pas non plus du principe que personne ne sait. L’atelier 2tonnes, par exemple, commence par une simulation quantifiée qui met tout le monde au même niveau en quelques minutes.
Ensuite, il est primordial de travailler en intelligence collective plutôt qu’en transmission descendante. Quand les gens construisent ensemble une réponse à un problème complexe, ils s’engagent différemment que quand on leur explique ce qu’il faut penser. La simulation, le jeu de rôle, ou encore le débat structuré sont des outils qui permettent à des profils très différents de contribuer à leur niveau, avec leur expérience et leur regard propre.

Enfin, nous traitons le désaccord comme une ressource plutôt que comme un obstacle. Nos formats sont conçus pour que les contradictions qui émergent soient les moments les plus riches de l’expérience. On crée un cadre où il est possible de ne pas être d’accord, de questionner, et de se tromper sans que cela ne cristallise de tensions, et c’est précisément ce qui rend les échanges utiles et les apprentissages durables. C’est ce que l’on appelle une pédagogie active et responsabilisante : on ne dit pas aux gens ce qu’il faut penser, on les outille pour qu’ils puissent y réfléchir par eux-mêmes et collectivement.

 

Dans beaucoup d’entreprises, les stratégies RSE existent déjà, mais leur mise en œuvre reste difficile. Quels sont, selon vous, les principaux blocages humains ou culturels qui empêchent les organisations d’agir réellement, et comment peut-on les dépasser ?

1 entreprise sur 10 atteint ses objectifs de réduction d’émissions (BCG, 2024). Mais ce n’est pas un manque de solutions ou de volonté. C’est un manque de méthode et d’embarquement des équipes : 72% des collaborateurs estiment d’ailleurs que l’entreprise devrait associer davantage les collaborateurs à ses réflexions sur la RSE et ses enjeux.
Plus engager les équipes dans les changements de l’entreprise permettrait donc d’améliorer l’appropriation des enjeux par chacun, et donc l’efficacité du plan de transformation.

En plus de cela, si les salariés sont de plus en plus sensibilisés, il y a un vrai manque d’ancrage des formations en entreprise : 62 % des cadres des grands groupes voudraient accéder à des parcours spécifiques aux enjeux de durabilité propres à leur métier, car les autoformations globales sur le sujet sont trop générique et ne suffisent pas à traduire la RSE en action concrète dans son métier. Des formations appliquées comme celles que nous proposons permet de voir la RSE non plus comme une contrainte, mais comme un enjeu du quotidien avec lequel nous devons composer, et qui est un levier sur de nombreux aspects business.

Ces freins évoqués ne sont que 2 parmi les 16 freins à l’embarquement des salariés que nous avons identifiés et recensés dans notre guide “Pourquoi personne ne s’empare de votre stratégie RSE ? Le guide pour débloquer vos équipes”. Nous y présentons ces freins, l’analyse de l’expert Stéphane La Branche, ainsi que des solutions concrètes pour y répondre.

A télécharger ici.

 

Comment Hability accompagne concrètement les entreprises ?

Notre accompagnement s’organise autour de trois niveaux complémentaires, qui correspondent aux différentes étapes de la transformation d’une organisation :
Sensibiliser : créer un socle commun de compréhension et un langage partagé.C’est l’étape où l’on fait émerger les prises de conscience, où l’on relie les enjeux globaux aux réalités de l’entreprise. On intervient avec des ateliers immersifs comme l’atelier 2tonnes ou Convergences, des conférences interactives, des formats adaptables de 20 à 2000 personnes, en présentiel ou à distance.
Former : aider chaque collaborateur à comprendre ce que les enjeux de transition changent concrètement dans son métier, ses décisions, ses pratiques. C’est l’étape où l’on donne des outils opérationnels, ancrés dans les réalités de chaque équipe. Notre projet Cap Climat avec Bouygues Telecom en est l’illustration la plus aboutie : 12 mois de co-construction pour créer une formation sur mesure, avec 10 fiches métiers personnalisées, pour former 10 000 collaborateurs aux enjeux et leviers de la stratégie climat de l’entreprise.
Transformer : ancrer l’engagement dans la durée, au-delà du temps fort ponctuel. C’est là qu’intervient mão boa, la plateforme qu’on a acquise en 2026, qui permet de déployer des défis, des routines et des diagnostics adaptés à chaque équipe, de maintenir la dynamique dans le temps et de mesurer l’impact réel de la mobilisation. C’est l’approche qu’a choisie Fnac Darty pour animer ses 350 référents RSE dans autant de magasins, avec des résultats concrets : plus d’un million d’actions réalisées, +10% sur les ventes “offre durable”, +32% sur la valorisation des déchets.

Ce qui fait la cohérence de ces trois niveaux, c’est une conviction simple : sensibiliser ne suffit plus. Ce qui transforme durablement une organisation, c’est un parcours progressif, où chaque étape prépare la suivante, et où l’humain est traité non pas comme un destinataire de messages, mais comme le vrai moteur du changement.

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