Guérison sauvage : La journaliste, Cyrielle Hariel, s’est guérie dans un lien éblouissant avec les requins

Dans ce récit puissant et profondément intime, Cyrielle Hariel, conférencière et pionnière dans le journaliste d’impact, raconte une traversée : la descente vers ses peurs, la transformation par le corps et l’inconnu, puis la remontée vers une forme de renaissance. Entre l’océan et l’âme, le requin, central dans son récit, devient miroir, la vulnérabilité une force souveraine, et le sauvage un passage de guérison. Un livre pour celles et ceux qui pressentent que certaines guérisons ne se pensent pas, mais se vivent — dans le corps, dans le souffle, dans le lien au vivant.

 

La Fabrique d’Avenir : Votre livre Guérison Sauvage explore le lien entre le vivant, le sauvage et les chemins de guérison intérieure. Pourriez-vous revenir sur la Génèse du livre ? Qu’est-ce qui vous a inspiré et mobilisé dans ce projet ?  

Tout a commencé par une remontée de plongée. Un été, aux Galápagos, je venais de croiser pour la première fois un banc de requins-marteaux… et j’en suis sortie vivante ! Et profondément désorientée ! J’ai cru mourir une seconde fois, quelques années après mon opération du cœur, alors que je venais pourtant de vivre quelque chose de rare : une présence sans menace.

Ce jour-là, j’entamais le voyage le plus transformateur de ma vie — celui vers des êtres qu’on m’avait appris à craindre, et qui m’ont offert ce qui m’avait toujours manqué : un échange paisible. Puis la mort de ma mère est venue percuter cette transformation en cours, et tout s’est accéléré. Ce livre n’est pas né d’un projet éditorial. Il est né d’une nécessité intérieure, celle de comprendre pourquoi, face à des prédateurs, je me sentais étonnamment à ma place.       

 

Le titre Guérison Sauvage évoque une approche très personnelle de la guérison. Pouvez-vous nous expliquer ce que vous entendez par Guérison sauvage et comment l’avez-vous vécue ?

La guérison sauvage c’est une guérison qui ne passe pas forcément par les chemins que l’on avait imaginés.

J’ai longtemps cherché à comprendre mes blessures, à les réparer, à devenir plus forte. Puis j’ai rencontré les requins. Dans cet environnement sauvage, imprévisible et puissant, j’ai découvert un miroir de moi-même.

Mais ma guérison est aussi passée par le corps : par le mouvement, le lâcher-prise, jusqu’à des états de transe spontanés où je pouvais exulter, laisser sortir ce qui ne trouvait pas de mots.

Le requin m’a appris à ne plus avoir peur de ma différence, de ma vulnérabilité, de ma part sauvage. Il m’a enseigné l’essentiel : accepter d’être soi. Lui, il est. Et c’est ainsi. N’est-ce pas la plus belle des leçons ?

La guérison sauvage, c’est peut-être finalement arrêter de vouloir dompter ce qui vit en nous… et apprendre à l’être pleinement.

 

Vous évoquez votre Animal de Guérison, le Requin. Pourriez-vous revenir sur ce lien avec les Requins ? vos expériences vécues et cette Guérison vers laquelle il vous a conduit ?

Chaque espèce m’a enseigné quelque chose de différent. Les requins-marteaux ont fait tomber le premier mythe : ils sont passés devant moi comme si je n’existais pas, immenses, gracieux, souverains, sans aucun signe d’agressivité. Les requins-tigres m’ont confrontée à vingt centimètres de leur regard et j’ai compris que cette créature à qui l’on prête tant de sauvagerie ne m’avait même pas effleurée. Les requins-renards m’ont menée jusqu’aux portes de la narcose, dans un état de bien-être si intense que j’ai failli l’oublier.

Mais la guérison la plus profonde est venue d’un constat troublant : ce regard que je cherchais chez eux, c’était celui de ma mère — fascinante, imprévisible, blessée, qui m’aimait à sa manière. Sous l’eau, face à eux, les pièces de mon enfance ont commencé à s’assembler. Les requins ne m’ont pas seulement soignée : ils m’ont montré aussi qui j’étais.

 

Votre histoire personnelle, notamment votre malformation cardiaque, la perte de votre maman, votre engagement pour le vivant et puis votre cheminement spirituel sont au centre de l’ouvrage. Comment ces étapes vous ont transformée et où en êtes-vous maintenant ?

Ces étapes m’ont appris, chacune à leur manière, à habiter pleinement ma vie.

Mon cœur malformé m’a très tôt confrontée à ma différence et à ma vulnérabilité. La perte brutale de ma mère a ensuite rouvert des blessures que je pensais avoir dépassées. Elle m’a obligée à regarder autrement ce qui, en moi, avait besoin d’être entendu et non simplement réparé.

Puis l’océan, les requins, et mon engagement pour le vivant m’ont appris que soigner le vivant, c’était avant tout soigner notre Humanité. Maintenant, j’apprends à prendre soin de moi.

Mon cheminement spirituel m’a, lui, appris à lâcher davantage le contrôle, à écouter mon corps, mon intuition, et à laisser émerger des choses que je ne pouvais pas toujours expliquer.

Aujourd’hui, je ne dirais pas que je suis « guérie ». Je dirais plutôt que j’ai appris à vivre avec toutes mes parts : ma force comme ma vulnérabilité, ma lumière comme ma part sauvage.

Je ne cherche plus à effacer mes failles : je les accueille. Je ne cherche plus à me faire une place dans un moule qui n’a jamais été le mien.

 

À qui s’adresse ce livre ? Quel est le message principal que vous souhaitez transmettre aux lecteurs, et comment espérez-vous qu’il les impacte ?”

Il s’adresse à toute personne qui porte en elle une blessure qu’elle n’a jamais su nommer, et qui sent qu’une part sauvage, en elle, demande à être réhabilitée. On ne se tourne pas vers le sauvage par hasard : on y va quand une part de nous cherche à guérir ce que la vie a brisé trop tôt.

Le message central, c’est que le sauvage n’est pas ce qu’il faut dompter, il est ce qu’il faut écouter. Et si cette fascination pour ce qui nous dépasse — un animal, un état de conscience, une émotion trop forte — disait en réalité quelque chose d’essentiel sur qui nous sommes vraiment ?

 

En parallèle de ce livre, vous travaillez sur un film avec Anastasia Mikova. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce projet, et sur les autres ?

En parallèle du livre, je développe avec la réalisatrice Anastasia Mikova et la productrice Alexandra Fechner un premier long-métrage documentaire ; une œuvre poétique sur la puissance du sauvage et les chemins de guérison, qui prolonge à l’écran ce que j’explore dans ces pages : cette conviction que la reconnexion au vivant est aussi, et peut-être avant tout, une reconnexion à soi.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


La période de vérification reCAPTCHA a expiré. Veuillez recharger la page.

Je m'inscris à la newsletter